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Issue
Mov Sport Sci/Sci Mot
Number 105, 2019
Emotions et régulation émotionnelle en contexte sportif interpersonnel ou intergroupe
Page(s) 61 - 77
DOI https://doi.org/10.1051/sm/2019012
Published online 21 May 2019

© ACAPS, 2020

Introduction

L’engagement corporel identifie les activités physiques sportives et artistiques (APSA) au sein des pratiques culturelles. La mise en jeu du corps est en effet inhérente et caractéristique des APSA qu’il s’agisse de nouvelles pratiques (e.g., se lancer dans le vide en base jump), de pratiques traditionnelles (e.g., s’engager dans un élément acrobatique en gymnastique), de sport de pleine nature (e.g., poser un relais en escalade), d’entretien (e.g., effort physique endurant), d’opposition (e.g., charge en rugby) ou d’activités d’expression (e.g., prestation physique publique). Cet engagement corporel fait des APSA un environnement dont la spécificité est de confronter le pratiquant à des menaces physiques et/ou symboliques, plus ou moins intenses selon la nature de l’APSA et le type de pratique – sport de haut niveau, de loisir, éducation physique et sportive (EPS), activités physiques adaptées (APA). Dans le champ des sciences du sport, la régulation de ces menaces et des émotions associées est investiguée principalement au travers de modèles théoriques du « coping » (pour revues, Crocker, Tamminen, & Gaudreau, 2015 ; Doron, Stephan, & Le Scanff, 2013 ; Nicchi & Le Scanff, 2005 ; Nicholls & Polman, 2007) et de la menace du stéréotype (pour revue, Chalabaev, 2017) pour leurs conséquences en termes de performance. Or, ces menaces ont également des conséquences relationnelles comme elles modifient les attitudes interpersonnelles et intergroupes (e.g., Rull, André, & Margas, 2016). Ces attitudes interpersonnelles et intergroupes sont centrales pour les objectifs assignés à la pratique des APSA, qu’ils soient de performance où ces attitudes apparaissent comme des médiateurs importants (e.g., cohésion d’équipe, entraide, support social, agressivité vis-à-vis de l’adversaire, motivation) ou d’éducation et d’inclusion sociale en EPS ou en APA où ils constituent les finalités (e.g., construction du rapport à l’autre, besoin d’affiliation et motivation à long terme, inclusion sociale, citoyenneté) (Arrêté du 9 novembre 2015 ; Fédération Française du Sport Adapté, s.d.). Pourtant, ces modèles théoriques expliquant les conséquences sociales de la menace sont marginalement présents dans la littérature en sciences du sport. L’objet de cet article est d’en faire la revue et de montrer l’intérêt théorique et appliqué de les prendre en compte.

Dans son acception large et en lien avec le modèle tripartite (Rosenberg & Hovland, 1960 ; Breckler, 1984), l’attitude est définie « comme une réponse à un stimulus antérieur ou objet de l’attitude » (Breckler, 1984, p. 1191, notre traduction). Ce stimulus ou objet d’attitude (par exemple les personnes en situation de handicap) peut être présent concrètement ou seulement saillant dans le contexte et va déclencher l’attitude en termes d’affects (se sentir bien ou ressentir un malaise en présence des personnes en situation de handicap ou même en les évoquant), de cognitions (jugements ou évaluations positives ou négatives des personnes en situation de handicap), et de tendances ou d’intentions de comportement (avoir l’intention de les éviter ou de les aider). Cette définition a donc l’avantage de ne pas limiter l’attitude à sa composante affective au détriment des autres composantes comme cela a longtemps été le cas (Ostrom, 1968). Cette composante affective seule explique en effet peu les comportements (pour méta-analyse, Kraus, 1995), y compris sur le terrain de l’activité physique (Wang & Wang, 2015 ; Martin, Martin, Smith, & Hewstone, 2007 ; Trost, et al., 2002; Sas-Nowosielski, 2006). Par exemple, Wang et Wang (2015) observent que la composante affective de l’attitude vis-à-vis de l’activité physique (appelée « attitude » dans leur étude mais mesurée seulement par des affects envers l’activité physique comme excitant/déplaisant) ne prédit pas de manière significative une mesure d’activité physique modérée à vigoureuse par actimétrie sur la semaine suivante. Elle prédit cependant la composante comportementale de l’attitude (l’intention d’avoir ce type d’activité sur la semaine à venir) qui, elle-même, explique environ 10 % de la variance du comportement mesuré. Si les tailles d’effet de l’influence d’une attitude sur les comportements varient d’un objet d’attitude et d’un contexte à un autre puisque d’autres éléments modèrent cette relation comme par exemple les normes sociales (Ajzen & Fishbein, 1977), l’attitude, prise avec ses trois composantes, détermine une part significative des comportements. De plus, cette influence ne porte pas seulement sur un comportement spécifique mais sur l’ensemble des comportements qui se rapportent à l’objet de l’attitude. En conséquence, les attitudes interpersonnelles et intergroupes, construites lors de la pratique d’APSA déterminent non seulement les comportements actuels des pratiquants entre eux au moment de l’activité mais aussi les comportements des pratiquants, ailleurs et plus tard, dès que l’objet de l’attitude est saillant dans le contexte. Elles forgent donc les comportements entre coéquipiers, partenaires d’entraînement, pratiquants d’APA, élèves en EPS et entre les groupes particuliers qu’ils représentent si cette catégorisation est saillante (e.g., personnes en situation de handicap). En conséquence, comprendre les processus par lesquels les menaces inhérentes à l’engagement corporel, fondement des APSA dans le champ culturel, orientent les attitudes vis-à-vis d’autrui est essentiel pour aider l’intervenant à répondre aux objectifs assignés à l’intervention dans les APSA et pour situer la spécificité des APSA dans la construction des relations sociales.

En intégrant ces trois composantes de l’attitude (affective, cognitive et conative), et donc leurs interactions, ce modèle tripartite se focalise justement sur la compréhension du rôle de la régulation émotionnelle, en lien direct avec la composante affective de l’attitude, sur les deux autres composantes que sont les jugements et les intentions de comportements envers l’objet de l’attitude. D’ailleurs, les modèles théoriques des effets sociaux des menaces, passés en revue dans cet article, traitent justement de ces articulations entre émotions, jugements, et intentions de comportement pour prédire les comportements à l’égard de l’objet de l’attitude (e.g., Fiske, Cuddy, Glick, & Xu, 2002 ; Mackie & Smith, 2002). Nous inclurons donc ces trois composantes sous le terme « attitude », de manière à discuter du rôle des régulations émotionnelles face aux menaces dans les affects, jugements et intentions de comportements vis-à-vis d’autrui.

La menace peut se définir comme « la perception ou le sentiment que quelque chose d’aversif va se produire pour une personne en tant qu’individu ou en tant que membre de son groupe, de sa communauté » (Fritsche, Jonas, & Kessler, 2011, p. 105, notre traduction). Les individus se sentent donc menacés à partir du moment où ils sentent qu’ils risquent de ne pas être capables de gérer efficacement la menace ou de ne pas avoir les ressources nécessaires pour y faire face (Blascovich & Tomaka, 1996). Une menace apparaît en contexte sportif quand le pratiquant perçoit une issue possiblement néfaste pour lui ou son groupe. Les états de menace sont donc particulièrement fréquents et intenses dans les APSA puisque la menace peut être symbolique, physique ou même les deux à la fois. Les menaces symboliques renvoient à la mise en jeu de l’identité personnelle ou collective de l’individu. Le pratiquant est en effet souvent confronté à des peurs liées à l’enjeu de la compétition, des pertes de confiance en soi, des attentes stressantes (e.g., Dale, 2000). Elles sont prégnantes dans les APSA via la visibilité des motricités, souvent accrue par la présence d’autres pratiquants, d’un public et l’importance de l’éventuelle compétition. D’autre part, et souvent en même temps, les pratiquants d’APSA sont soumis à des menaces physiques. Elles sont plus ou moins intenses selon l’engagement corporel que demande l’activité (risque de blessure, effort épuisant), les conditions de pratique (l’intensité du courant d’une rivière en kayak, le poids et la vitesse du rugbyman qui charge) et des compétences du pratiquant. Mais « l’omniprésence d’un lien plus ou moins prononcé entre activité sportive et potentialité de dommage corporel est un invariant de la pratique sportive » (Soulé & Corneloup, 2007, p. 76). Le contexte sportif place donc les individus dans une situation où il y a « une mise en jeu directe et volontaire de l’intégrité physique qui est inscrite dans la logique interne de l’activité » (Collard, 1997, p. 36) induisant un environnement stressant que le pratiquant va réguler, notamment socialement, en orientant ses attitudes interpersonnelles et intergroupes.

Ces réactions attitudinales dépendent de la source de la menace (Greenaway & Cruwys, 2018), c’est-à-dire de l’objet qui génère la menace. Il convient donc de distinguer ces sources de menace. Tout d’abord, les activités sportives compétitives (et c’est la majorité) impliquent des menaces symboliques provenant de l’adversaire ou des membres de l’équipe adverse (exogroupe). Cette menace devient en plus physique si les règles permettent les coups portés à l’adversaire (boxe, karaté) ou admettent la virulence des contacts entre pratiquants (rugby, hockey sur glace, handball). Elles induisent du stress et des émotions particulières (peur, frustration, colère, tristesse ou joie), selon les conditions et la manière dont le pratiquant les régule, qui vont influencer ses attitudes à l’égard de la source de la menace (i.e., les adversaires). Ensuite, dans les APSA, le pratiquant met parfois de lui-même en jeu son corps et son égo (e.g., gymnastique, escalade, danse, parachutisme, marathon…) ce qui renvoie à des menaces provenant du contexte. Ces menaces de contexte provoquent aussi du stress dont la régulation engendrera des attitudes spécifiques envers les individus et les groupes associés à la situation même s’ils ne sont pas sources de la menace (Fritsche, et al., 2011)1. Ainsi, les sources des menaces (contextuelles, interpersonnelles, intergroupes), ainsi que la nature de celles-ci (physique ou symbolique) impliquent des régulations émotionnelles différentes qui vont influencer différemment les attitudes des pratiquants (et des spectateurs) avec leurs conséquences comportementales. Notre revue distinguera donc premièrement les modèles théoriques traitant des conséquences attitudinales des menaces interpersonnelles et intergroupes (la théorie des émotions intergroupes, la théorie de la menace intergroupe). Puis, nous traiterons des modèles expliquant les effets des menaces de contexte sur les attitudes interpersonnelles et intergroupes (la théorie du management de la terreur, la théorie de l’attachement, la théorie du système de sécurité), en insistant sur les différences de conséquences selon si ces menaces sont vécues de manière privée ou partagée avec les individus objets de l’attitude. De manière à situer l’enjeu de prendre en compte ces travaux dans le champ des sciences du sport, nous dégagerons, tout au long de la revue, des perspectives appliquées porteuses pour les terrains sportifs et, dans une dernière partie, des perspectives théoriques.

1 Effets des menaces interpersonnelles et intergroupes sur la construction des attitudes interpersonnelles et intergroupes

1.1 La place des émotions dans les modèles classiques relatifs aux effets des menaces interpersonnelles et intergroupes sur les attitudes envers autrui

En psychologie sociale, les travaux étudiant les effets des menaces interpersonnelles et intergroupes sur les attitudes interpersonnelles et intergroupes se sont surtout focalisés sur les aspects structurels et cognitifs expliquant ces processus. Par exemple, les travaux de Sherif, Harvey, White, Hood et Sherif (1961) se sont centrés sur des aspects fonctionnels et structurels de la relation tels que la coopération ou la compétition intergroupe et ses conséquences comportementales. Les théories de l’identité sociale (Tajfel, 1981) et de l’auto-catégorisation (Turner, Hogg, Oakes, & Reicher, 1987) se sont focalisées sur des aspects cognitifs tels que les évaluations cognitives (e.g. stéréotypes sociaux) éprouvées par l’endogroupe (son propre groupe) à l’égard des exogroupes (les autres groupes) (Parkinson & Manstead, 1993 ; Stephan & Stephan, 2000 ; Tajfel & Turner, 1986). La prise en compte des émotions dans ces processus n’est apparue que tardivement, sans doute à cause de leur caractère subjectif et de la difficulté à les manipuler et les mesurer par rapport aux éléments cognitifs (De Waal, 2011).

Cependant, au cours des dernières années, les neurosciences comme les sciences cognitives ont commencé à situer la place des émotions dans la construction des attitudes, remettant au goût du jour la philosophie existentielle pour laquelle toute relation humaine est toujours en partie émotionnelle. Cette conception est notamment développée dans la pensée heideggerienne du Mitsein, de l’Être-avec, pour laquelle les relations humaines sont une sensibilité à l’autre, « un souci, une assistance » (Heidegger, 1927, p. 126). En continuité, des chercheurs en psychologie sociale (e.g., Fiske, et al., 2002 ; Mackie & Smith, 2002 ; Iyer & Leach, 2008 ; Smith, 1993) considèrent depuis plusieurs années que les émotions à l’égard des autres sont déterminantes dans les relations sociales. De nouveaux modèles expliquant la construction des attitudes vis-à-vis d’autrui en fonction des émotions ressenties à son égard et donc aux menaces perçues ont ainsi été proposés et validés empiriquement.

1.2 La théorie des émotions intergroupes et la cartographie des comportements basée sur les affects intergroupes et les stéréotypes

Le concept « d’émotion intergroupe » est proposé pour la première fois par Smith en 1993. Cet auteur dépasse les distinctions faites entre « les préjugés » (évaluation chargée d’affects envers un groupe), « les stéréotypes » (jugements ou évaluations cognitives positives ou négatives au sujet d’un groupe) et « la discrimination » (comportement négatif envers un groupe) en proposant que les émotions intergroupes, qui sont des émotions que l’on ressent envers des membres de l’endogroupe et de l’exogroupe, guident les jugements et comportements à l’égard des autres (Mackie & Smith, 2002 ; Smith, 1993). Pour ce faire, Smith s’appuie sur les théories de l’évaluation et de la différenciation des émotions (Frijda, 1986 ; Scherer, 2001) pour mettre en lien les composantes cognitives, émotionnelles et comportementales dans les attitudes intergroupes.

Selon la théorie des émotions intergroupes (TEI) (Devos, Silver, Mackie, & Smith, 2002 ; Mackie, Devos, & Smith, 2000), le passé émotionnel d’un individu appartenant à un groupe est semblable à celui d’une personne en tant qu’individu. L’évaluation cognitive d’un événement peut donc impliquer l’identité sociale d’un individu c’est-à-dire « la part du concept de soi provenant de la conscience qu’a l’individu d’appartenir à un groupe social (ou à des groupes sociaux), et de la valeur et de la signification émotionnelle qu’il attache à cette appartenance » (Tajfel, 1981, p. 255, notre traduction), au lieu d’impliquer son identité personnelle (caractéristiques qui rendent la personne unique). Ces émotions intergroupes apparaissent donc dès que les identités de groupe sont saillantes et vont guider les jugements et les comportements à l’égard des autres (Mackie & Smith, 2002 ; Smith, 1993). Par exemple, lors d’APA, des pratiquants au contact de personnes en situation de handicap peuvent dans un premier temps, à cause des stéréotypes associés à cette catégorie de personne, éprouver de la gêne voire du dégoût à leur égard (Rohmer & Louvet, 2004) et avoir des attitudes d’évitement et de fuite (Hudson, et al., 2013), aboutissant à l’exclusion sociale des personnes en situation de handicap en question. La TEI situe le rôle médiateur des émotions intergroupes dans l’influence des stéréotypes sur les intentions de comportement et donc le levier potentiel que ces émotions représentent pour l’intervenant en APSA. En conséquence, agir sur les attitudes intergroupes au cours de la pratique, voire au-delà, peut se faire en ciblant cette chaîne causale. Par exemple, préparer le contact intergroupe entre des élèves « ordinaires » et des élèves en situation de handicap avant l’inclusion en EPS ou la pratique d’APA peut permettre, soit d’influencer les effets émotionnels des stéréotypes associés à ce groupe, soit de préparer l’individu à réfréner les effets de ces émotions. Pourtant, les approches liées au « perspective-taking » (e.g., Galinsky & Moskowitz, 2000), au contact imaginé (e.g., Vezzali, Capozza, Stathi, & Giovannini, 2012), ou à la catégorisation croisée (e.g., Crisp & Hewstone, 1999), qui permettent d’agir sur ces leviers, n’ont à notre connaissance pas été questionnées sur le terrain des APSA. Elles semblent pourtant porteuses pour l’intervention et sont d’ailleurs parfois intuitivement mises en place en pratique.

Le modèle du contenu du stéréotype (Fiske, et al., 2002) regroupe l’ensemble des jugements interpersonnels et intergroupes sous deux grandes dimensions de jugement que sont la chaleur (i.e., percevoir l’autre comme gentil, agréable, chaleureux) et la compétence (i.e., percevoir l’autre comme doué, intelligent, habile). En continuité avec les approches centrées sur les émotions intergroupes, le modèle de la cartographie des comportements basés sur les affects intergroupes et stéréotypes (Cuddy, Fiske, & Glick, 2007) met en avant le fait que la combinaison des jugements de chaleur et de compétence de groupes sociaux donne lieu à des émotions intergroupes particulières à l’origine de tendances comportementales particulières (positives ou négatives, actives ([e.g., aider, agresser] ou passives [e.g., tolérer]) (Fiske, et al., 2002). Ce modèle complète donc la TEI dans la mesure où les émotions intergroupes sont ici prédites par la combinaison des deux types de jugements. À titre d’exemple, les groupes qui sont perçus comme chaleureux mais incompétents inspirent de la pitié et engendrent des attitudes de facilitation active mais aussi de nuisance passive. Les groupes qui sont perçus comme compétents mais non chaleureux suscitent des émotions d’envie et de colère entraînant des intentions de comportement actifs et nuisibles à leur égard (Cuddy, et al., 2007). À l’instar de la TEI, ce modèle est donc particulièrement intéressant pour investiguer les questions d’éducation ou d’inclusion par les APSA, propres aux terrains de l’EPS ou des APA. Pourtant deux études seulement à notre connaissance s’appuient sur ce modèle. Celle de Clément-Guillotin, Radel et Chalabaev (2015) met en évidence que la pratique physique des personnes âgées qui sont stéréotypiquement perçues comme chaleureuses mais non compétentes (Cuddy, Fiske, & Glick, 2008 ; Fiske, et al., 2002) améliore la perception de compétence à leur égard, et engendre conformément au modèle, de l’admiration et des attitudes positives actives (i.e., aide) et passives (i.e., tolérance) envers eux. De même, malgré l’idée fréquente que l’EPS permet de valoriser la compétence des élèves associés à un stéréotype scolaire négatif pour favoriser leur inclusion scolaire, nous avons montré (Margas & Bernard, 2017) que ce sont les modifications des jugements de chaleur envers des élèves issus d’Unité Locale pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) par leur inclusion en EPS qui sont déterminantes dans les intentions de comportement à leur égard. Ce résultat, basé sur le modèle du contenu des stéréotypes invite, en termes d’inclusion scolaire, à se focaliser sur les processus d’affiliation en EPS (et les procédures didactiques associées) plutôt que sur les processus de valorisation.

1.3 La théorie de la menace intergroupe

Si les modèles précédents appréhendent les émotions dans leur diversité, y compris celles associées aux menaces, la théorie de la menace intergroupe (Stephan & Stephan, 2000 ; Stephan, Renfro, Esses, Stephan, & Martin, 2005) se focalise plus spécifiquement sur les menaces provenant de l’exogroupe. Cette menace survient lorsque les actions, les croyances ou les caractéristiques d’un groupe remettent en cause la réalisation, l’objectif ou le bien-être d’un autre groupe (Riek, Mania, & Gaertner, 2006). Cette théorie postule que les perceptions de menaces réalistes (relatives au pouvoir politique et économique de l’endogroupe, et au bien-être physique et matériel) et symboliques (relatives aux différences de valeurs, de normes entre l’endogroupe et les exogroupes) causées par les membres des exogroupes et ressenties par les membres de l’endogroupe engendrent des émotions négatives (e.g., peur, colère) et in fine des intentions de comportements négatifs envers les exogroupes concernés comme les immigrés (Stephan, Ybarra, Martnez, Schwarzwald, & Tur-Kaspa, 1998 ; Stephan, Ybarra, & Bachman, 1999), les Afro-américains aux États-Unis (Stephan et al., 2002), les musulmans en France (Mange, Sharvit, Margas, & Sénémeaud, 2016) ou les personnes atteintes du sida ou du cancer (Berrenberg, Finlay, Stephan, & Stephan, 2003). En identifiant le chemin causal entre les déterminants de la menace intergroupe et ses conséquences émotionnelles et attitudinales, cette théorie paraît particulièrement adaptée pour prédire la construction des attitudes intergroupes dans le contexte des APSA, comme par exemple les problèmes d’inclusion d’élèves à besoins éducatifs particuliers en EPS ou de catégories de personnes stigmatisées qu’on vise à inclure socialement via des programmes d’APA (e.g., élèves migrants allophones). Les leviers sont ici la nature de la menace perçue provenant de l’exogroupe et l’anxiété associée.

À notre connaissance, cette théorie a pourtant seulement été utilisée en sciences du sport dans l’étude du supportérisme (pour revue, Bernache-Assollant, 2010) pour prédire les réactions des supporters face à des menaces identitaires liées à la défaite de leur équipe ou la menace d’un autre groupe de supporters (agressivité, insultes). Comme ces réactions apparaissent fortement liées à l’identification à l’équipe, c’est-à-dire « l’importance avec laquelle les individus se perçoivent en tant que supporters de l’équipe, sont impliqués dans le soutien à l’équipe, sont concernés par les performances de l’équipe, et perçoivent l’équipe comme étant une représentation d’eux-mêmes » (Branscombe & Wann, 1992, p. 1017, notre traduction), ces travaux permettent de mieux comprendre et prédire les réactions émotionnelles (Kerr, Wilson, Nakamura, & Sudo, 2005 ; Wann, Dolan, McGeorge, & Allison, 1994) et psychologiques (Banyard & Shevlin, 2001 ; Bernhardt, Dabbs, Fielden, & Lutter, 1998 ; Gregor, 2003) des supporters. Cette théorie est donc particulièrement utile pour comprendre les attitudes des ultras, c’est-à-dire les individus à très forte identification à leur équipe et pour qui le supporterisme est poussé à l’extrême tant au niveau du soutien que des comportements violents (Bodin, 1999). Par exemple, si les supporters ultras, comme les autres supporters, ambitionnent d’avoir ou de maintenir une identité sociale positive en utilisant des stratégies de gestion identitaire(Bernache-Assollant, Bouchet, & Lacassagne, 2014 ; Bernache-Assollant, Chantal, Bouchet, & Lacassagne, 2016 ; Ellemers, 1993 ; Van Knippenberg, 1989), leur identification viscérale à l’équipe les oriente vers les stratégies collectives comme la compétition sociale pour préserver ou modifier le statut de leur groupe. Ainsi, une menace identitaire (e.g., défaite de l’équipe supportée, se faire insulter par des supporters d’une autre équipe) aboutit pour eux à davantage de discrimination, des émotions de colère et de haine, et éventuellement des comportements hostiles envers les supporters des autres équipes (pour revue, Bernache-Assollant, 2010). Au niveau comportemental, ces processus pourraient expliquer les confrontations chroniques entre les groupes de supporters ultras et donc offrir des pistes de réponse pour gérer ce phénomène. Alternativement, le terrain du supportérisme sportif offre un contexte d’étude in situ privilégié pour faire avancer la compréhension des effets attitudinaux des menaces intergroupes (e.g., Wann, 1993) dans la mesure où il est impossible en laboratoire de créer des groupes avec une si forte identification collective.

2 Effets des menaces du contexte sur les attitudes interpersonnelles et intergroupes

2.1 Importance des émotions induites par le contexte dans la construction des attitudes lors de la pratique d’APSA

Dans les modèles théoriques précédemment passés en revue, la source de la menace est aussi l’objet de l’attitude. Or, les menaces, qu’elles proviennent d’autrui ou non, influencent aussi les attitudes à l’égard des individus et groupes qui ne sont pourtant pas à l’origine de la menace. Ces menaces, dites de contexte ici, sont même particulièrement caractéristiques des contextes sportifs au regard de l’engagement corporel qui les caractérise (e.g., tempête lors d’une régate, piste de ski verglacée). Goffman (1964), dans la situation négligée, écrit que l’élément essentiel pour étudier la relation sociale est la spécificité de la situation sociale dans laquelle les acteurs sont immergés. Selon lui, cette spécificité contextuelle est constituée d’éléments de base qui structurent la situation sociale comme les caractéristiques spatiales, temporelles et les contraintes qui pèsent sur la situation sociale. En lien avec cette idée, Lévi-Strauss (1958), fondateur du structuralisme, n’a cessé de soutenir l’idée selon laquelle le contexte pénètre les conduites des individus. En complément aux modèles présentés précédemment, il apparaît donc essentiel d’examiner le rôle joué par les états émotionnels induits par les contextes menaçants sur la construction des attitudes envers les individus et groupes qui ne sont pourtant pas à l’origine de la menace.

2.2 Effets d’une menace privée sur les attitudes interpersonnelles et intergroupes

La psychologie sociale a accumulé un important corpus de connaissance sur les processus de régulation des individus et des groupes face aux environnements menaçants et leurs conséquences sur les attitudes vis-à-vis d’autrui. Les explications proposées reposent toutes sur une approche évolutionniste, c’est-à-dire l’idée que la nécessité de la pérennisation de notre espèce a amené des évolutions structurelles et notamment la création de liens entre un système primaire de réactions face aux contextes menaçants et un système symbolique gérant les relations sociales. Toutefois, même si les processus avancés dans ces modèles théoriques diffèrent, ils débouchent finalement sur des hypothèses de modification des attitudes interpersonnelles et intergroupes face aux contextes menaçants relativement similaires. Nous faisons donc le choix de nous focaliser ici sur les quatre théories dans lesquels les aspects émotionnels de ces régulations occupent une place importante.

2.3 La théorie du management de la terreur

« L’idée de la mort, la peur de celle-ci, hante l’animal humain comme rien d’autre, l’activité humaine est conçue en grande partie pour éviter la fatalité de la mort, la surmonter en niant en quelque sorte que c’est le destin final de l’homme » (Becker, 1973, p. 56, notre traduction). Selon cette approche, notre instinct d’auto-préservation et notre connaissance de l’inéluctabilité de notre mort créent de l’anxiété chronique. Cette anxiété chronique peut être surmontée par une série de mécanismes de défense symbolique via notre « vision culturelle du monde » (Becker, 1973, p. 60, notre traduction). Celle-ci renvoie à des aspects culturels comme les normes, les valeurs et les croyances issues des groupes auxquels l’individu s’identifie. Ces aspects culturels permettent à l’individu de gérer et de réprimer la terreur de sa mort en lui procurant une forme d’immortalité symbolique (Greenberg, et al., 1990). Cette idée a été reprise et étayée pour donner lieu à la théorie du management de la terreur (TMT) (Greenberg & Kosloff, 2008 ; Greenberg, Solomon, & Pyszczynski, 1997) en soulignant que si le renforcement de la vision culturelle du monde d’un individu lui permet de diminuer l’anxiété liée à sa propre mortalité, alors les événements qui rendent saillante sa mortalité entraîneraient un renforcement de cette vision culturelle du monde, un rapprochement vers les individus qui la partagent, notamment l’endogroupe, et des attitudes négatives envers ceux qui ont des visions du monde différentes de la sienne, donc l’exogroupe (Greenberg, et al., 1997). Ces sorties sociales automatiques face à un contexte menaçant permettent à l’individu de réguler l’anxiété associée à la menace. Une multitude d’études (325 expériences menées avant 2016 dans de nombreux pays)2 a confirmé cette hypothèse tant pour les relations interpersonnelles qu’intergroupes. La saillance de mortalité renforce les visions culturelles de son propre groupe (e.g., Solomon, Greenberg, & Pyszczynski, 2004) et augmente l’hostilité envers des groupes ayant des visions différentes de l’endogroupe, particulièrement si ces exogroupes sont perçus comme bafouant les valeurs morales chères à l’endogroupe (Kesebir & Pyszczynski, 2011). La saillance de mortalité encourage par exemple l’agressivité envers les exogroupes politiquement opposés à son propre groupe (McGregor, et al., 1998) et amplifie les préjugés envers les autres nations (Castano & Dechesne, 2005 ; Castano, Yzerbyt, Paladino, & Sacchi, 2002).

Dans les APSA, cette saillance de sa propre mortalité semble pouvoir être induite par certains engagements corporels (e.g., base jump, highline, gymnastique, escalade, plongée). À notre connaissance, aucun travail ne mobilise ce cadre théorique pour étudier le contexte sportif. Les processus mis en avant sont pourtant d’un grand intérêt pour comprendre les motivations pour certaines pratiques dites « à risque », et la construction par ces pratiques des attitudes interpersonnelles et intergroupes. Appréhender ces processus en contexte sportif, c’est donner la possibilité à l’intervenant (enseignant d’EPS, éducateur sportif, intervenant en APA) d’utiliser ces effets automatiques et implicites (Mikulincer, Gillath, & Shaver, 2002) afin de mieux répondre aux objectifs assignés à ces pratiques et d’innover. Ces processus sont en effet complémentaires aux procédés explicites classiques (l’explication, l’argumentation, le sens des valeurs comme la tolérance, le respect de la différence…) de construction du rapport à l’autre puisqu’ils influencent différemment (i.e., implicitement) ce rapport à l’autre et que cette influence est en plus spécifique et caractéristique des APSA. Ces processus ouvrent donc sur une nouvelle manière de situer l’EPS et les APA au sein des politiques d’éducation et d’inclusion sociale. De toute façon, par leur caractère automatique, ces processus se déroulent lors des pratiques. Il est donc nécessaire de les comprendre pour fournir aux intervenants la possibilité de les orienter en fonction du projet éducatif ou inclusif visé. Par un traitement didactique approprié des conditions de menace au regard de ces processus (son intensité, son partage, la structure de la relation sociale face à la menace…), l’intervenant pourrait orienter les sorties sociales automatiques et guider implicitement la construction des attitudes interpersonnelles et intergroupes. Par ailleurs, ces processus apparaissent également en mesure d’expliquer d’éventuels motifs d’agir, c’est-à-dire d’orientation des motivations vers ces pratiques. Selon ces processus (mais qui demandent à être investigués sur le terrain sportif), la volonté de réduire l’anxiété de sa propre mortalité dans nos sociétés modernes pourraient expliquer éventuellement l’engouement pour ces pratiques « à risque ». L’affiliation intragroupe intense qui résulte de ces pratiques à fort engagement corporel (Margas, Rull, Cazin, & Bernard, 2017) pourrait expliquer la motivation pour ces pratiques. Ces propositions vont dans le sens des discours des pratiquants des activités à risque qui avancent ne pas le faire pour le risque (Brymer, 2010) mais plutôt pour des raisons identitaires (Cazenave, Le Scanff, & Michel, 2008) et le sentiment de connectivité avec ses partenaires ou la nature (Olsen, 2001) que ces activités procurent.

La TMT offre donc un modèle porteur en termes de compréhension des comportements sportifs basés sur la régulation des émotions associées à la saillance de mortalité ou, à l’opposé, au sentiment de sécurité (Mikulincer, et al., 2002). Cependant, d’autres modélisations des régulations sociales défensives face à la menace ont été proposées (Hart, 2014 ; Kirkpatrick & Navarrete, 2006 ; Navarrete, Kurzban, Fessler, & Kirkpatrick, 2004). Elles défendent des processus différents de ceux de la TMT, des effets sociaux parfois différents, et donc des modérateurs des effets précédemment décrits.

2.4 La théorie de l’attachement et la théorie du système de sécurité

De nombreuses années avant la TMT, Bowlby (1969) proposait déjà, dans sa théorie de l’attachement, l’importance face aux menaces du lien affectif qui unit les individus. Plus précisément, cette théorie postule que toute menace psychologique ou physique active automatiquement le système d’attachement. Ce système motivationnel compense le sentiment d’insécurité lié aux émotions produites par les menaces via le maintien ou le renforcement de la proximité auprès des personnes socialement proches (e.g., la famille, les amis). Ce système serait issu de l’évolution humaine par adaptation au milieu puisqu’il augmente les chances de survie et de reproduction au sein d’une espèce (Bowlby, 1969). Bien que les comportements d’attachement face aux menaces soient plus visibles dans la petite enfance, ils resteraient actifs et fonctionnellement importants « du berceau à la tombe » (1979, p. 129, notre traduction). Cette hypothèse a été validée (Fraley, Garner, & Shaver, 2000 ; Mikulincer, Shaver, & Pereg, 2003) puisqu’une menace, même subliminale (Mikulincer, et al., 2002), génère des comportements d’attachement, y compris amicaux, qui correspondent à ce besoin inné de proximité, de protection et de soutien émotionnel face aux menaces.

La théorie du système de sécurité (Hart, 2014) est en partie basée sur la théorie de l’attachement et de la TMT mais se veut plus intégratrice. Elle propose une articulation des effets des menaces sur l’affiliation (en lien avec les attitudes interpersonnelles et intergroupes), les valeurs et l’estime de soi, dans un système de sécurité tripartite permettant la recherche et le maintien du sentiment de sécurité face aux menaces. Ce système repose donc sur des compensations entre trois composantes que sont l’attachement auprès des personnes familières ou sécurisantes, les visions culturelles du monde et l’estime de soi. Ces composantes seraient automatiquement activées en réponse aux modifications émotionnelles engendrées par ces menaces (i.e., menace à la sécurité physique comme l’engagement corporel ou à la sécurité psychologique et symbolique liée à l’affiliation, l’estime de soi, ou les visions culturelles du monde) et permettraient, en se compensant mutuellement, de réduire l’anxiété de l’individu. Hart (2014) montre par exemple que la menace du système d’attachement (ne plus pouvoir voir ses parents) engendre une augmentation du biais pro-endogroupe (e.g., favoriser son groupe par rapport à l’exogroupe), des attitudes préjudiciables envers l’exogroupe, et un renforcement de l’estime de soi.

Ces trois théories sont unanimes sur le fait que les situations menaçantes augmentent l’affiliation endogroupe mais aussi l’évitement des exogroupes, voir la discrimination des exogroupes. Réalisées en contexte d’EPS avec des situations à fort engagement corporel (en gymnastique), nos études (Rull & Margas, 2015) reproduisent cet effet ethnocentrique des menaces vécues seul. Ces résultats sont problématiques dans un contexte où la finalité est de construire une citoyenneté des élèves, dans laquelle l’accès à l’égalité et la fraternité, quels que soient les groupes d’appartenance, est centrale (André, 2015). Autrement dit, via les processus précédemment décrits, les contextes menaçants induits par l’engagement corporel dans les APSA construiraient bien de manière particulière les attitudes vis-à-vis d’autrui, mais des attitudes ethnocentriques, c’est-à-dire fraternelles et solidaires avec les membres de son propre groupe et discriminatoires avec les membres des exogroupes. Si l’affiliation intragroupe face à la menace peut sembler intéressante dans le fonctionnement d’une classe ou d’une équipe sportive, ces attitudes ethnocentriques vont à l’encontre de la finalité de la discipline EPS, de l’école (Loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013), des mouvements d’éducation populaire ou des APA, et plus généralement du respect de la diversité. Alors que l’EPS est institutionnellement promue comme la discipline privilégiée pour l’inclusion scolaire et sociale des élèves à besoins éducatifs particuliers (e.g., élèves d’ULIS ou de SEGPA), les mises en jeu corporelles environnant ces inclusions pousseraient vers davantage d’exclusion de ces élèves par les élèves « ordinaires ». Plus largement, alors que la pertinence éducative de la pratique des APSA est fréquemment mise en avant dans les discours politiques d’éducation et d’inclusion, les situations de menace associées à l’engagement corporel constitutif des APSA en comparaison à d’autres médias culturels (e.g., musique, dessin) impliqueraient des réponses sociales allant à l’encontre de ces politiques.

Cependant, avant de tirer des conclusions en lien avec ces processus nouvellement mis en avant, il convient d’aller plus loin dans cette perspective. Les implications de ces modèles sur le terrain sportif ne sont pas si simples et pessimistes. En effet, alors que les travaux présentés dans notre revue ne considèrent que les effets sociaux des menaces vécues seul par l’individu (i.e., menace privée), les pratiquants d’APSA évoluent presque toujours collectivement et partagent donc ces situations menaçantes avec les autres pratiquants, qui sont parfois même des membres de l’exogroupe.

2.5 Effets d’une menace partagée sur les attitudes interpersonnelles et intergroupes : la théorie de l’affiliation sous la menace

La théorie de la comparaison sociale de Festinger (1954) a montré que les individus s’affilient aux individus similaires à eux puisqu’ils sont des comparateurs plus précis et plus stables pour évaluer leurs propres positions. Schachter (1959) a étendu cette hypothèse de similitude/affiliation au domaine de l’émotion pour prédire que les individus qui font face à des menaces rencontrent le désir accru de s’affilier à d’autres, et particulièrement à ceux qui sont similairement menacés, car ils apportent à la fois un meilleur indicateur pour évaluer l’intensité, la nature, ou la pertinence de son état émotionnel et un soutien émotionnel qui sont deux éléments en mesure de réduire le stress. Cette « hypothèse de similitude émotionnelle » (Schachter, 1959, p. 25, notre traduction) a été depuis validée puisque le fait d’éprouver des émotions semblables à autrui permet de préciser ses propres ressentis émotionnels et évaluations de la situation (Frijda & Mesquita, 1994), apporte de la clarté cognitive face à la menace (Kulik, Mahler, & Earnest, 1994) et restaure le sentiment de certitude et de prévisibilité qui conduit à des niveaux de stress plus faibles (Dickerson & Kemeny, 2004 ; Townsend, Heejung, & Mesquita 2013). Par conséquent, la similitude émotionnelle et la clarté cognitive dans les situations menaçantes sont associées à davantage d’affiliation (Cottrell & Epley, 1977 ; Darley & Aronson, 1966 ; Firestone, Kaplan, & Russell, 1973 ; Gump & Kulik, 1997 ; Schachter, 1959, Expérience 2 ; Van Kleef, et al., 2008). Il en va de même pour l’affiliation face à la menace envers les personnes qui ont déjà vécu la menace à laquelle nous sommes confrontés (Zimbardo & Formica, 1963). L’étude de Klohnen et Luo (2003) montre d’ailleurs que les deux principaux facteurs qui guident l’affiliation d’une personne envers une autre dans une situation menaçante sont la perception de similitude et le sentiment de sécurité apportée par l’autre.

La compréhension de ce processus d’affiliation sous la menace partagée et les modérateurs qu’il engendre sont particulièrement intéressants et innovants sur le terrain des APSA. Premièrement, pour ce qui est du sport de performance, mieux comprendre ces régulations émotionnelles collectives face aux menaces permet de situer l’importance des affiliations entre équipiers, partenaires d’entraînement et entraîneurs (e.g., Antonini Philippe, Sagar, Huguet, Paquet, & Jowett, 2011). La cohésion sociale du groupe et le partage émotionnel au sein de ce groupe apparaissent en effet comme des modérateurs importants pour gérer le stress des compétitions ou des engagements corporels intenses. Alternativement, la compréhension de ces compensations entre les trois éléments du système de sécurité permet aussi de conserver l’affiliation entre les partenaires malgré les défaites et ainsi d’assurer la continuité du fonctionnement collectif nécessaire à la performance. Le partage émotionnel, verbal ou non, entre partenaires apparaît par exemple être un élément d’affiliation importante entre individus lorsque les expériences sont difficiles ou traumatiques (Atran, 2010 ; Baumeister, Bratsalvky, Finkenauer & Vohs, 2001 ; Pinel, Long, & Crimin, 2010 ; Swann, Jetten, Gomez, Whitehouse, & Bastian, 2012). La présence dans le groupe de pratiquants très expérimentés, ayant vécu les situations menaçantes que l’athlète ou le groupe traverse, apparaît être une ressource importante, qui pourrait être maximisée si l’entraîneur favorise le partage émotionnel entre ces personnes ressources et les autres pratiquants (particulièrement ceux ayant peu d’expérience). De même, le renforcement des valeurs du groupe, et du partage de ces valeurs peut théoriquement compenser les menaces au niveau physique, affiliatif ou de l’estime de soi en accord avec la théorie du système de sécurité.

Sur le terrain de l’EPS, des APA, ou des mouvements d’éducation populaire, les effets affiliatifs du partage d’engagement corporel sont également intéressants, notamment pour les objectifs d’éducation et d’inclusion assignés à ces pratiques. Par une programmation d’APSA à fort engagement corporel ou un traitement didactique d’APSA mettant en avant ce partage de tâches à risque perçu important, l’enseignant peut créer un climat de classe porteur de coopération entre les élèves, un climat scolaire apaisé, un climat prévenant le harcèlement et favorisant l’inclusion scolaire, voire sociale (Margas & Bernard, 2017 ; Margas, et al., 2017). Cet effet d’affiliation sous les menaces corporelles partagées apporte un cadre scientifique à l’idéologie qui place les APSA comme vecteur privilégié d’inclusion sociale dans les politiques publiques nationales et internationales (Traité de Lisbonne, 2007 ; UNESCO, 2013). À ce niveau également, comme l’apport de sécurité face à la menace est affiliatif, l’apprentissage des compétences sécuritaires constitue un levier. De même, les élèves peuvent développer une affiliation particulière vis-à-vis de l’enseignant lors de la pratique d’APSA, puisqu’il est garant de leur sécurité. Il peut ainsi profiter du fait que les élèves recherchent son affiliation pour les orienter vers des valeurs importantes en termes de citoyenneté. Enfin, les menaces partagées associées à l’engagement corporel tendent à combler le besoin d’affiliation qui est un des besoins humains fondamentaux (Baumeister & Leary, 1995) nécessaire à la motivation pour l’activité physique et même à leur santé (e.g., Cacioppo, Hawkley, Norman, & Berntson, 2011). Les APSA seraient donc, par ce processus un facteur privilégié de lutte contre l’isolement social et ses conséquences sanitaires néfastes, ce qui est particulièrement intéressant dans le cadre des APA et notamment de la prise en charge des personnes vieillissantes.

De plus, si les menaces sont habituellement ethnocentriques en termes d’attitudes intergroupes, les menaces partagées avec des membres de l’exogroupe sont sources d’affiliation envers l’ensemble de l’exogroupe (Rull & Margas, 2015). Dit autrement, l’affiliation sous la menace partagée dépasse les appartenances catégorielles. Ces résultats signifient que les mixités sexuelles, ethniques, sociales ou même religieuses en EPS, dans les associations, les clubs sportifs ou lors de programmes d’inclusion sociale par les APSA suscitant un fort engagement corporel partagé seraient propices à l’affiliation intergroupe. Inversement, l’engagement corporel intense vécu uniquement avec son groupe d’appartenance mènerait à l’ethnocentrisme et la discrimination. Les menaces du contexte présentes dans les APSA apparaissent donc comme un outil puissant, particulier, mais à double tranchant, pouvant induire de l’affiliation vis-à-vis de publics spécifiques comme le renforcement de discrimination (Rull & Margas, 2016). Ces résultats renforcent donc la nécessité d’investiguer ces processus plus largement en sciences du sport.

Malgré cela, l’affiliation sous l’engagement corporel partagé n’a été étudié que très récemment dans le champ des sciences du sport, et souvent sans s’appuyer sur les modèles théoriques précédemment mentionnés. Par exemple, si André, Deneuve et Carpentier (2011) manipulent l’intensité de l’engagement corporel partagé en gymnastique et parviennent par ce biais à promouvoir une meilleure inclusion des élèves de Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA), ils expliquent leurs résultats par une coopération accrue plutôt que par ces processus d’affiliation sous la menace partagée. La connaissance de ces processus sociaux peut aussi aider à dépasser le stade de l’idéologie de l’inclusion par les APSA (Kelly, 2011) en identifiant comment des variables spécifiques aux APSA, et manipulables didactiquement, ici la menace inhérente à l’engagement corporel, peut favoriser cette inclusion.

3 Perspectives théoriques

Tout au long de notre revue, nous avons essayé de situer l’enjeu que représente la connaissance des modèles présentés pour l’intervention dans les APSA. Complémentairement à cette dimension interventionnelle, le rapprochement entre ces modèles et le terrain des APSA questionne en retour ces modèles en pointant certaines de leurs limites qui ouvrent sur des perspectives de recherche théoriques qui nous semblent particulièrement intéressantes.

3.1 L’articulation des différents types de menace dans l’influence des attitudes vis-à-vis d’autrui

Les modèles présentés se focalisent sur les effets sociaux des menaces venant soit d’un autre individu, soit d’un autre groupe, soit du contexte. Les terrains sportifs sont pourtant souvent chargés de plusieurs menaces en même temps (e.g., compétition d’ultra-trail en milieu hostile, compétition à la fois avec des membres de son équipe et d’autres équipes). Ils appellent donc à s’interroger théoriquement sur les interactions éventuelles de ces types de menaces.

Le modèle de la source des menaces envers le groupe (Greenaway & Cruwys, 2018) vise à dépasser les effets théoriquement contradictoires des menaces exogroupes (renforçant l’identité du groupe) et ceux des menaces venant de l’intérieur du groupe (affaiblissant l’identité du groupe). Le modèle propose trois régulations possibles, (1) considérer le membre intragroupe menaçant comme hors groupe pour préserver l’identité du groupe, (2) considérer la menace intragroupe comme une opportunité pour renforcer le groupe, ou (3) la perte d’identité de groupe via la saillance des différences entre les membres du groupe quand les deux autres solutions ne sont pas possibles. Selon ce modèle, la perception de la menace intragroupe est déterminante dans le choix des trois options et l’identité du groupe. Cette identité collective détermine ensuite les attitudes intragroupes (e.g., confiance dans le groupe [Voci, 2006], cohésion [Janis, 1972], efficacité collective perçue [Greenaway, et al., 2015]) et intergroupes. Ces mécanismes sont importants sur le terrain des APSA pour comprendre les effets des situations compétitives individuelles abordés en groupe (i.e., meeting d’athlétisme) ou la vie d’une équipe de sport collectif tiraillée entre la compétition intergroupe et la compétition entre joueurs à l’intérieur du groupe d’entraînement pour être titularisés. C’est encore plus saillant en sport de haut niveau où les enjeux individuels, notamment économiques, peuvent être importants. En termes d’intervention, ces propositions appellent à travailler sur la perception de la menace intragroupe, en tant que pivot hypothétique de l’évolution de l’identité de groupe et des attitudes. Pour entretenir ou renforcer la cohésion du groupe, il peut sembler souhaitable de chercher à atténuer la menace intragroupe, ou d’embrasser cette compétition entre co-équipiers dans un climat où elle est perçue comme une opportunité de renforcement de la valeur du groupe ou de son identité tournée vers la compétition. En plus de tester ces hypothèses, l’analyse de l’activité des groupes d’entraînement et de sa dynamique peut offrir l’opportunité de mieux théoriser ces processus. On voit ici l’intérêt des études analysant les pratiques de terrain pour poser des hypothèses originales ou faire évoluer des hypothèses purement théoriques avant de les appréhender expérimentalement.

Une seconde question théorique semble importante : celle de l’articulation entre les menaces de contexte et les menaces venant d’autrui. Le modèle du système de sécurité (Hart, 2014) propose que les individus restaurent le sentiment de sécurité face aux menaces en compensant sur trois éléments que sont l’affiliation aux personnes rassurantes, la revalorisation de l’estime de soi et la centration de valeurs du groupe, elles-aussi sécurisantes (en plus éventuellement de chercher à concrètement éliminer la source de menace). Si on prolonge ce modèle à l’interaction des menaces venant d’autrui et celle de contexte, cela signifie qu’en contexte menaçant, une menace interpersonnelle ou exogroupe va exacerber les attitudes négatives (e.g., Mange, et al., 2016) puisque l’autre (menaçant) ajoute à la menace de contexte déjà présente. À l’inverse, on peut supposer qu’un exogroupe rassurant sera d’autant plus objet d’affiliation en contexte menaçant, comme c’est le cas dans le cadre de la menace partagée ou l’exogroupe apporte de la co-régulation affective et du support social (Rull & Margas, 2016). En résumé, un contexte menaçant comme l’engagement corporel dans les APSA renforcerait les effets habituels des menaces interpersonnelles ou intergroupes, négatives vis-à-vis d’un autrui menaçant et positives vis-à-vis d’un autrui sécurisant. Le niveau d’anxiété, nourri par les deux sources de menaces, régulerait ces sorties sociales automatiques. Ces hypothèses sont importantes puisqu’elles situent le rôle ambivalent des APSA, source de menace de contexte via l’engagement corporel et symbolique intense qui les caractérise, comme média d’évolution des attitudes interpersonnelles et intergroupes, pour le meilleur, mais aussi éventuellement pour le pire. Si les APSA sont un lieu de contact intergroupe important, les attitudes qui s’y construisent seraient exacerbées positivement comme négativement au regard du fait que l’engagement corporel et symbolique y est important. Les éléments permettant de baisser l’anxiété intergroupe avant contact (e.g., préparation à l’inclusion) apparaissent important de nouveau ici.

3.2 Passer de modèle de régulation sociale face à la menace à des modèles de régulation sociale face à des émotions spécifiques

Une autre perspective de recherche importante est le passage dans ces modèles d’une menace considérée homogène en coloration émotionnelle à des modèles prenant en considération la spécificité des émotions que suscitent ces menaces. En effet, la nature de l’émotion induite par un exogroupe menaçant varie en fonction de l’exogroupe en question et des conditions entourant l’occurrence de l’événement menaçant et entraîne des intentions de comportements spécifiques à l’émotion (Cottrell & Neuberg, 2005). Par exemple, Crisp, Heuston, Farr et Turner (2007) montrent que la défaite de l’équipe supportée mène à la colère et au fait de chercher à approcher l’exogroupe en cas de forte identification à l’équipe, et à la tristesse et au fait d’éviter l’exogroupe en cas de faible identification collective. Cette étude montre donc qu’en fonction de l’identification à l’équipe (e.g., ultras vs. supporters à faible identification), les réponses émotionnelles et les intentions de comportement diffèrent pour un même événement menaçant symboliquement. Aussi, sachant que les groupes stigmatisés qui font souvent l’objet de programme d’inclusion (e.g., personnes en situation de handicap, individu en situation sociale difficile, individus en milieu carcérale…) peuvent être associés via les stéréotypes à des émotions particulières (peur, dégoût), les attitudes qui risquent d’émerger de ces contacts intergroupes par les APSA, en classe d’EPS ou en programmes d’APA, seront spécifiques (pour une modélisation, voir Cottrell et Neuberg, 2005). De même au niveau cette fois des menaces de contexte, les sorties sociales associées à ces menaces dépendent de l’émotion spécifique qui en découle (Neuberg & Schaller, 2016) : la peur induit la fuite, la colère l’approche et le dégoût non seulement l’évitement mais aussi la condamnation morale et la justification de l’exclusion. Par exemple, la sensibilité au dégoût induit des attitudes négatives envers les exogroupes (migrants, groupes de faible statut social ou déviants) via le renforcement spécifique d’une idéologie autoritaire, de l’orientation à la dominance sociale et la déshumanisation de l’exogroupe (Hodson & Costello, 2007). Comme des émotions spécifiques vont être induites par les APSA (peur en activité de pleine nature, colère en sport d’opposition) et par le type de groupe en contact (peur face à une population carcérale ou des élèves délinquants, dégoût avec des groupes stéréotypiquement associés à cette émotion), prendre en compte la spécificité de ces émotions dans les réponses attitudinales face à la menace apparaît essentiel mais complexe. Identifier les effets attitudinaux spécifiques à une émotion ou une interaction d’émotions ouvre sur la possibilité d’essayer de construire didactiquement (choix d’APSA, choix de tâches) ou pédagogiquement (animation) des climats émotionnels particuliers. Cela renforce aussi la nécessité des préparations au contact interpersonnel ou intergroupe, pour la réussite de l’intervention par les APSA. Alternativement, la spécificité émotionnelle de la pratique d’APSA en fait un contexte privilégié pour étudier et théoriser ces phénomènes.

3.3 Rapprocher ces modèles de réactions sociales face aux menaces des modèles sur le coping en contexte sportif

Comme souligné en introduction, les modèles les plus fréquemment utilisés en sciences du sport pour expliquer les régulations comportementales face aux menaces sont ceux portant sur le coping. Ces modèles ne se focalisent pas spécifiquement sur les réponses sociales face aux menaces mais plus globalement sur les régulations du stress généré par ces menaces pour ses effets délétères sur la performance et le bien-être (Crocker, et al., 2015). Les modèles de notre revue nous semblent porteurs pour faire évoluer la compréhension du coping.

Premièrement, on peut remarquer que le coping a longtemps été perçu comme un processus interne ou intrapersonnel. La dimension sociale des régulations face au stress y est souvent limitée à un support émotionnel permettant de compenser le stress (e.g., Doron, et al., 2013 ; Nicholls & Polman, 2007) intéressant pour le bien-être (DeFreese & Smith, 2013) mais lié au désengagement par rapport à la tâche (Ntoumanis & Biddle, 1998). Cette fonction compensatrice du support social est convergente avec les modèles présentés dans notre revue et notamment le modèle du système de sécurité (Hart, 2014). Mais en plus, notre revue ouvre sur le fait que le support émotionnel face à la menace crée de l’affiliation interpersonnelle elle-même médiatrice d’intentions de comportement prosociaux (Margas, et al., 2017). Le support émotionnel face à la menace inscrirait donc l’équipe, le groupe d’entraînement ou le couple entraîneur/entraîné ou enfant/parent dans le renforcement de la connectivité ou de la cohésion porteuse non seulement de bien-être mais aussi de coping centré sur la tâche (Tamminen & Gaudreau, 2014) et d’efficacité dans la quête de performance (Gould, Guinan, Greenleaf, Medbery, & Peterson, 1999) à plus long terme. Autrement dit, si sur le moment, la recherche de support social peut apparaître comme une stratégie de coping peu efficace car juste centrée sur l’émotion, elle participe dans le temps, via les processus que notre revue met en avant, à s’armer pour les épreuves futures afin d’avoir un coping efficace. Le support émotionnel serait porteur à terme des autres supports, à savoir le support informationnel, le support au sentiment de compétence et les assistances concrètes (Holt & Hoar, 2006). Les processus de notre revue pointent une possible dynamique vertueuse entre le support émotionnel et le support opérationnel. C’est encore plus marquant si on considère, comme le propose le modèle du système de sécurité, que face à la menace, les individus cherchent automatiquement l’affiliation des personnes perçues comme les plus en mesure d’apporter du support social ou opérationnel. L’affiliation consécutive à ces personnes ressources face à une menace induit un partage d’information efficace pour approcher le problème à court et long terme. Inversement, comme supposé dans nos hypothèses sur l’articulation des menaces de contextes et des menaces interpersonnelles, exposée précédemment, certains travaux récents montrent les effets particulièrement délétères sur le coping de relations conflictuelles entre co-équipiers ou avec l’entraîneur (Tamminen & Gaudreau, 2014) ou le fait que les émotions négatives soient plus liées à des relations négatives entre co-équipiers qu’aux erreurs individuelles (Campo, Mellalieu, Ferrand, Martinent, & Rosnet, 2012). Éclairant la dynamique relationnelle dans le temps face aux épreuves que l’individu, et encore plus le groupe, vont devoir affronter, notre perspective appelle à mener des études longitudinales, centrées sur la dynamique de ces processus (Gaudreau & Miranda, 2010).

Deuxièmement, des approches récentes considèrent, à l’instar de la proposition précédente, que le stress et l’adaptation au stress sont souvent influencés par les autres et influencent les autres (Friesen, et al., 2013 ; Tamminen & Gaudreau, 2014). Cette perspective a amené récemment à considérer le coping non plus seulement comme intrapersonnel mais plutôt comme un processus interpersonnel voire collectif (Crocker, et al., 2015). C’est dans cette perspective que les modèles de notre revue offrent un cadre théorique original et complémentaire alors qu’ils ne sont tout simplement pas pris en compte. Par exemple, notre revue pointe les processus prépondérants de l’affiliation en situation de menace, comme la similitude émotionnelle et la clarté cognitive (Kulik, et al., 1994), l’apport de sentiment de sécurité (Hart, 2014) ou de contrôle (Fritsche, Jonas, & Fankhänel, 2008). Ces modérateurs ouvrent sur une meilleure appréhension du coping interpersonnel ou communautaire et de leur dynamique, positive ou négative. Le fait que les leaders d’équipe cachent le fait d’être touché émotionnellement par des menaces et rassurent les co-équipiers pour que le groupe reste cohésif (Tamminen & Crocker, 2013) fait écho à l’affiliation aux personnes sécurisantes face aux menaces et à l’importance de cette affiliation pour le fonctionnement collectif. De même, le fait que le partage informationnel ou émotionnel, verbal ou comportemental, apparaissent comme des stratégies de coping communautaire (Lyons, Mickelson, Sulliva, & Coyne, 1998) ou le fait que certains pratiquants modulent les signes extérieurs de stress pour ne pas dénoter par rapport au groupe rappelle fortement le fait que la similitude émotionnelle crée de l’affiliation interpersonnelle, de la catégorisation sociale et que la dissimilitude émotionnelle est par contre source de décatégorisation sociale (Livingstone, Spears, Manstead, Bruder, & Shepherd, 2011). En plus, les effets en termes de catégorisation et d’attitudes coopératives dépendent de l’émotion partagée (colère, tristesse) (Livingstone, Shepherd, Spears, & Manstead, 2015). L’importance de la similitude émotionnelle et de la nature de l’émotion co-régulée serait intéressante à prendre en compte dans l’approche du coping communautaire. Les pratiquants ont, semble-t-il, intérêt dans une démarche de coping communautaire à manipuler les signes émotionnels visibles des autres en fonction de la congruence de ces émotions entre partenaires et selon la nature de l’émotion. On voit au travers de ces quelques exemples que les processus expliqués dans cette revue peuvent servir l’étude du coping communautaire. C’est particulièrement le cas des recherches actuelles sur la compréhension de l’évaluation collective des événements stressants et de l’importance de la congruence entre les évaluations des partenaires dans le coping communautaire (Crocker, et al., 2015).

Troisièmement, si les processus émotionnels interpersonnels et collectifs commencent à être pris en compte dans les conceptions du coping, il n’en est rien des valeurs dont la prise en compte reste marginale (Anshel, 2010). Pourtant, au regard du modèle du système de sécurité présenté dans notre revue, l’adhésion aux valeurs est un des trois éléments de compensation face à une menace (au même titre que l’estime de soi ou l’affiliation dont nous venons de discuter). Alors que les revues récentes sur la question du coping concluent à une difficulté pour proposer des processus qui pourraient expliquer des différences culturelles (Crocker, et al., 2015), le système de sécurité et la théorie du management de la terreur constituent des cadres théoriques en mesure de proposer des hypothèses sur ces questions. Par exemple, les différences de perceptions de menace pour un même événement en fonction de la culture (e.g., Hoedaya & Anshel, 2003) pourraient s’expliquer par une adhésion plus forte aux valeurs collectives (religieuses, d’équipes par exemple) compensant les effets de la menace sur le stress en accord avec le système de sécurité. D’ailleurs, les rituels et la centration sur les valeurs sont des éléments souvent révélés par l’analyse de l’activité des sportifs (e.g., Broch & Kristiansen, 2013 ; Watson & Czech, 2005). Les sociologues ont depuis longtemps mis en avant l’importance de la religion et de la spiritualité dans la vie des athlètes (Hoffman, 1992 ; Stevenson, 1991). L’articulation entre les modèles proposés dans notre revue et ceux du coping semble donc permettre une vision plus approfondie des processus liés au support social dans le coping tout en y apportant de nouvelles perspectives, comme celle des valeurs qui ouvre un champs entier d’investigation.

Conclusion

Notre revue identifie les processus par lesquels les menaces (interpersonnelles, intergroupes ou du contexte) qui traversent la pratique des APSA orientent les attitudes vis-à-vis d’autrui (interpersonnelles et intergroupes). Elle montre donc comment un élément essentiel dans les APSA, à savoir l’engagement corporel et symbolique, structure, via les régulations émotionnelles qu’il implique, les relations sociales, non seulement au cours de la pratique mais aussi ailleurs et plus tard. Ces processus sont importants pour la recherche de performance sportive où les relations entre co-équipiers et entraîneur sont médiatrices de la performance. Ils sont essentiels pour l’EPS, les APA et les mouvements d’éducation populaire dont les finalités sont justement sociales. Ces connaissances apportent en fait des éléments de réponse scientifiques aux politiques éducatives et inclusives qui situent les APSA au cœur de leurs dispositifs (Traité de Lisbonne, 2007 ; UNESCO, 2013). Au regard de ces enjeux pratiques, notre constat d’une utilisation marginale de ces cadres théoriques en sciences du sport est d’autant plus surprenant. Cette impression est encore renforcée par l’ambivalence de l’influence des menaces sur les attitudes vis-à-vis d’autrui observée ici. Les APSA, par le contexte menaçant qu’elles induisent, peuvent en effet mener, selon les conditions, à l’affiliation, y compris intergroupe, comme à l’agressivité et au renforcement des discriminations. Avancer dans la connaissance de ces processus permettrait justement de définir ces conditions pour construire des sorties sociales congruentes avec les types de relations sociales attendues par l’intervention dans les APSA. Le but premier de notre revue est donc surtout d’inciter à mener des études mobilisant les cadres théoriques passées ici en revue, sur le terrain des APSA. Cela apparaît d’autant plus important que ces processus s’y déroulent de toute façon au regard de leur caractère automatique. Comme nous l’avons remarqué, ces sorties attitudinales sont ensuite modérées par les normes sociales (Ajzen & Fishbein, 1977). Leur utilisation est donc complémentaire avec les interventions classiques, basées sur l’internalisation des normes et le contrôle conscient de ses attitudes, et peuvent avancer de concert pour servir un projet de socialisation.

Par ailleurs, ces processus reposent sur un engagement corporel signifiant et des émotions intenses. Cela implique donc des pratiques porteuses d’un risque signifiant pour les pratiquants, même si ce risque doit être évidemment adapté à leurs compétences sécuritaires pour proscrire les accidents (Delignières, 1993 ; Eisenbeis & Touchard, 1995). À l’heure où l’EPS tend vers des pratiques aseptisées (Delignières, 2018), l’identification de ces processus nous semble essentielle car elle recentre justement sur les effets de ces particularités. Il ne faudrait pas que pour des raisons pratiques (i.e., sécuritaires), les APSA soient aseptisées en contexte éducatif et perdent ainsi une de leur caractéristique éducative particulière.

À ce propos, nous avons souligné en quoi la connaissance de modèles théoriques construits loin de la pratique, souvent dans des laboratoires ou sur d’autres terrains que celui des APSA, peut éclairer les pratiques d’intervention dans les APSA. Ces extrapolations sont évidemment sujettes à caution et il ne faudrait pas tomber dans un déductivisme naïf considérant la pratique comme un lieu d’application de théories établies loin d’elles. D’ailleurs, l’idée même de s’interroger sur ces processus vient d’une analyse de praticiens sur ce qui fonde les APSA par rapport à d’autres médias (i.e., l’engagement corporel) et sur les variables déterminantes à la réussite des interventions (i.e., la construction des relations sociales). Si le rapprochement de ces cadres théoriques avec les pratiques apparaît porteur pour l’intervention, il ouvre aussi sur l’avancée des connaissances théoriques en poussant les modèles dans leurs limites à expliquer les pratiques. Enfin, ce rapprochement auquel notre revue appelle suppose aussi, nous semble-t-il, un rapprochement de chercheurs ne travaillant pas avec les mêmes méthodes. En effet, comme l’illustre l’articulation que nous proposons entre les travaux sur le coping et ceux sur la dimension sociale de la menace, les modèles s’ignorent alors qu’ils se focalisent sur des objets proches et sont complémentaires. Cette ignorance mutuelle peut s’expliquer par des études majoritairement basées sur des méthodes qualitatives et proches de l’intervention pour le coping, et des travaux quasi-exclusivement menés via des méthodes expérimentales et quantitatives loin de la pratique pour la dimension sociale des menaces. Le rapprochement des deux cadres théoriques proposés ici permet déjà un rapprochement entre pratique et théorie. Mais nous gagnerions aussi à ce que les chercheurs qui étudient des objets proches avec des méthodes différentes dialoguent entre eux et travaillent ensemble pour développer des méthodes mixtes. Ces méthodes pourraient non seulement aider à mieux cerner un processus par des éclairages complémentaires, mais aussi susciter le dialogue entre des cadres théoriques souvent construits en parallèle via des méthodes différentes. Les terrains sportifs, les disciplines et méthodes scientifiques plurielles qui s’y croisent, constituent des atouts indéniables pour avancer sur ce chemin, intéressant à la fois pour les pratiques d’intervention et la compréhension des processus.

Note des auteurs

Les auteur(e)s ont reçu un soutien financier de la part du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche français au travers d’un contrat doctoral pour la première auteure. Ils ne déclarent pas de conflits d’intérêt à la publication de cet article. Ils attestent que le matériel de l’article intitulé « Régulation des menaces inhérentes aux activités physiques et sportives et construction des attitudes interpersonnelles et intergroupes : revue théorique et perspectives » n’a pas été publié, et qu’il n’est pas soumis pour publication par ailleurs. Les deux auteur(e)s ont co-écrit la première version du manuscrit et le second auteur a effectué les révisions.

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1

Il convient de noter que les menaces venant d’autrui peuvent modifier les attitudes à l’égard des individus présents dans le contexte mais non source de menace (les co-équipiers ou l’entraineur lors d’un match de rugby). Les processus sont alors similaires à l’influence des menaces de contexte même si la source de la menace est autrui car elle est extérieure à la relation entre l’individu stressé et l’objet de l’attitude.

2

Le moteur de recherche utilisé est PsycArticles et les mots clés utilisés sont TMT, relations intergroupes et relations interpersonnelles.

Citation de l’article : Rull M & Margas N (2019) Régulation des menaces inhérentes aux activités physiques et sportives et construction des attitudes interpersonnelles et intergroupes : revue théorique et perspectives. Mov Sport Sci/Sci Mot, 105, 61–77

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