Issue
Mov Sport Sci/Sci Mot
Number 115, 2022
Page(s) 57 - 67
DOI https://doi.org/10.1051/sm/2021025
Published online 13 January 2022

© ACAPS, 2022

1 Introduction

Le longe-côte est un sport de nature encore récent en France avec des données statistiques très faibles au sujet des pratiquants. Cette activité, aussi appelée marche aquatique côtière, se pratique en grande majorité dans un cadre collectif puisque la réglementation fédérale recommande les sorties en mer à plusieurs personnes pour des raisons de sécurité. Le longe-côte consiste à effectuer une marche au sein du milieu marin avec un niveau d’eau qui doit être au « bon niveau d’immersion » c’est-à-dire avec un niveau d’eau situé entre la poitrine et le nombril (Vieillard & Wallyn, 2019). Cette activité apparaît en 2009 dans le Nord de la France. Elle est destinée à améliorer la préparation physique des pratiquants d’aviron avant de progressivement se démocratiser et s’exporter dans toute la France dans une logique de bien-être. Initialement dédié à l’amélioration des performances, le longe-côte apparaît aujourd’hui comme une activité principalement non compétitive pouvant être aussi proposée à un public atteint de pathologies diverses. À ce jour, il n’existe aucune enquête sur le profil des pratiquants de longe-côte en France ni dans le monde (Amou, 2016).

Sur le plan physiologique, le longe-côte possède des atouts sur la santé du pratiquant à l’instar des travaux de Delmas et Roudil (2014). Pourtant, aucune étude n’a véritablement évalué l’impact ni les représentations de l’environnement sur la perception du pratiquant de longe-côte. Comment le pratiquant perçoit-il l’environnement dans lequel il évolue au cours de l’entraînement ? Est-ce que le fait de pratiquer dans un environnement marin génère une crainte ou une appréhension pouvant avoir un impact sur la pratique du longe-côte ? Quelle est la perception du pratiquant vis-à-vis de l’environnement, de l’activité sportive et du groupe dans lequel il évolue ? Cet article tente de répondre à ces questions par l’intermédiaire d’une approche exploratoire.

La pratique des sports de nature comme le longe-côte nécessite d’intégrer la notion de ressource territoriale en analysant finement l’environnement de pratique et ses potentiels effets sur la perception du pratiquant (Pecqueur & Gumuchian, 2007). Les lieux agissent comme des agents actifs permettant à la fois d’impacter le fond et la forme des sports de nature via des caractéristiques socialement construites au fil des années et variables d’un territoire à l’autre. La nature intervient comme le support et le décor des sports de nature. Ils font émerger un sentiment de naturalité et de marchabilité propice à une perception plus ou moins positive de l’environnement de pratique (Zuniga-Teran et al., 2017).

La notion d’environnement de pratique associe un ensemble de variables et de facteurs qui peuvent avoir un effet sur la perception du bien-être, sur les motifs liés à la pratique d’un sport et sur les caractéristiques de pratique de ce sport. Pour définir au mieux l’environnement et son impact dans le cadre d’un sport d’itinérance comme le longe-côte, plusieurs études recommandent de se référer au cadre de « walkability » développé par Zuniga-Teran (2015). Cette notion intègre différentes relations entre les caractéristiques de l’environnement et l’impact que celles-ci auront sur l’attention, la perception et in fine sur la pratique des individus. En longe-côte, la marchabilité possède une importance non négligeable car toutes les côtes françaises ne se ressemblent pas et peuvent ainsi, selon leurs caractéristiques, favoriser une pratique avec un risque différent (e.g. bancs de sables, courants, épis). La perception de cette marchabilité varie selon les caractéristiques individuelles comme l’âge, le sexe, l’éducation, le niveau socioprofessionnel, la pratique d’une ou de plusieurs activités physiques et sportives, l’état de santé et les motifs de pratique (Handy, Boarnet, Ewing, & Killingsworth, 2002). L’approche globale du sport pratiqué est nécessaire dans la construction d’outils, dans l’analyse des données ainsi que dans l’interprétation des résultats. La pratique sportive n’est pas uniquement liée aux capacités de l’individu mais aussi à l’environnement dans lequel il évolue (Freund & Martin, 2004).

Les travaux de Falaix (2016) et de Corneloup (2017) abordent entre autres cette notion d’environnement de pratique au travers de l’habitabilité récréative ainsi que de la notion « d’habiter un lieu ». La pratique du longe-côte apparaît comme une appropriation du territoire par l’individu qui habite le lieu, la côte, le bord de mer et faire corps avec l’environnement naturel sous la forme d’une expérience corporelle sensible. Habiter ne signifie pas uniquement construire et ériger des lieux pour y vivre bien que cela soit lié. Habiter un lieu est, pour l’individu, un acte poétique au sens des travaux de Heidegger (1954). Il lui permet de prendre la mesure de son existence en particulier grâce aux expériences corporelles singulières et à une intelligence sentante générée par sa pratique physique et sportive (Falaix, 2016).

Ces références éclairent, quant à l’interrelation forte qui peut exister entre le lieu, les caractéristiques locales et les symboles générés dans le cadre de ces sports de nature. À ce titre, certaines représentations vis-à-vis du lieu et des pratiques émergent. Comme le démontrent les recherches de Gibout et Audouit (2017) au sujet de la pratique du windsurf en région languedocienne, certains sports vont être le symbole d’une culture régionale favorisant un sentiment d’appartenance à un groupe par le biais d’une pratique sportive aux normes et aux valeurs qui lui sont propres. C’est alors que la valeur sensation prend toute son importance avec une éthique sportive construite sur les sensations à l’instar des travaux de Sayeux (2013) au sujet du surf. Cependant, l’environnement peut générer une perception et in fine un impact négatif sur la santé mentale des individus (Peen, Schoevers, Beekman, & Dekker, 2010). L’anxiété, la peur ou la crainte de se noyer sont des sentiments à ne pas sous-estimer chez les pratiquants qui débutent le longe-côte (Amou, 2016). Par conséquent, il est nécessaire de prendre en considération les bons comme les mauvais effets de l’environnement de pratique sur l’individu (Leroux, Moore & Dubé, 2013).

L’étude du facteur environnemental et de sa perception chez le pratiquant nécessite une approche psychosociale de ce sport. En raison du caractère plus ou moins puissant des relations sociales favorisant ou limitant la pratique au sein d’un environnement à risque, l’attention et la perception d’un individu pourront varier au cours de la séance, de la saison et du groupe dans lequel il évolue. Il apparaît une certaine forme d’imagibilité où les paysages suscitent des représentations et des symboles chez ces individus (Laurent & Gibout, 2013). Pratiquer au cœur d’un tel environnement composé de décors qui invitent au voyage et stimule un mode de vie entre le proche et le lointain favorise une forme de vagabondage surmoderne entre déplacements quasi professionnels et tourisme précaire. L’espace, les symboles et le sens donné aux lieux de pratique permettent de conserver, au sens de Simmel (1999), la mémoire d’une histoire commune. Ce mode de vie fortement corrélé à la notion d’aventure devient ainsi un moyen de se distinguer par sa pratique et son mode de vie. Pratiquer le longe-côte au sein d’un milieu qui n’a pas été modifié par la main de l’homme deviendrait alors un moyen de se distinguer des autres avec un potentiel effet de la dimension spatiale dans le social.

Un autre pilier du longe-côte est la pratique en groupe fortement recommandée par les instances dirigeantes de ce sport (i.e. Fédération française de randonnée pédestre). À ce titre, la réglementation fédérale interdit aux clubs de proposer des entraînements de longe-côte avec un seul coach. Ils doivent être au minimum deux pour encadrer un groupe de dix personnes. Cet encadrement peut augmenter lorsque le groupe est plus important. Au-delà de cet aspect législatif, la pratique en groupe du longe-côte favorise une association entre pratique sportive, aventure et socialisation par le sport et la cohésion sociale. Le terme de cohésion sociale intègre notamment les notions de confiance et de respect. Ces valeurs auront d’ailleurs un impact sur la participation de ce dernier au sein d’une communauté grâce à l’émergence d’un sentiment d’appartenance (Coleman, 1990).

La pratique sportive est génératrice de sociabilité via une forme d’interactionnisme avec l’ensemble des facteurs qui accompagnent la pratique sportive comme la logique interne, l’environnement de pratique, les caractéristiques individuelles du pratiquant et les pratiquants qui l’accompagnent au cours de sa séance (Corneloup, 2016). Le profil du pratiquant et les motifs de pratique peuvent être des vecteurs de sociabilisation et de bien-être en intégrant un groupe à l’image de sa pratique (e.g. normes, valeurs, buts communs). Les caractéristiques de pratique influencent le temps passé au sein du groupe au cours de la pratique. Cette pratique collective permettra, après plusieurs séances, de consolider les liens entre les membres d’un même groupe et pourra favoriser un sentiment d’auto-efficacité plus important et de faire évoluer la perception d’un environnement. Les travaux d’Escalié, Legrain et Lafont (2018) démontrent les atouts et les limites d’un apprentissage en groupe sur l’acquisition des habiletés et des connaissances. Et d’autant plus lorsque les valeurs et les objectifs sont en adéquation avec l’individu intégrant le groupe grâce à une expérience pratique vécue qui tend à constituer et à renforcer tout un ensemble de savoir-faire et de savoir-être nécessaires à la pratique. Le groupe dans lequel l’individu évolue tout au long de la saison sportive est, par conséquent, un pilier majeur de sa progression et de son sentiment d’auto-efficacité.

La logique interne du longe-côte, l’environnement de pratique ou le type d’encadrement ont un impact sur la perception des individus vis-à-vis de l’environnement et du groupe. Un milieu hostile peut favoriser une plus grande solidarité entre les membres d’un groupe à l’instar de la cordée en haute montagne (Yonnet, 2001). On y retrouve tout un ensemble de codes, de gestes et de comportements bienveillants entre les marcheurs en mettant en évidence que chaque membre du groupe est responsable de l’autre (Macpherson, 2011). Ce mode de fonctionnement du groupe dans lequel chaque individu agit à sa manière permet au pratiquant d’augmenter son sentiment de sécurité. Les émotions vécues collectivement au sein du groupe de pratique sous la forme d’aesthésie sportive permettent à la fois l’identification au groupe, le sentiment d’inclusion et la sociabilisation par le sport grâce à un moment émotionnellement fort vécu ensemble (Birouste, 1993).

Une activité comme la randonnée pédestre est plutôt perçue comme ludique et agréable. Elle est praticable dans différents espaces de pratique qui favorisent les interactions sociales et qui génèrent de nombreux symboles qui varie selon l’environnement de pratique (De Baecque, 2014). Au contraire, la marche aquatique est pratiquée en mer. Cela pourrait augmenter de manière significative le sentiment de vulnérabilité si la personne était seule à pratiquer. Or le groupe est une caractéristique forte du longe-côte laissant transparaître des liens avec les notions de voyage, de sensations, du « sentir en commun » allant dans la logique du nomadisme développé entre autres par Maffesoli (2010). Ici, le nomadisme correspond à la vie d’un individu qui traverse un nombre incalculable d’expériences relationnelles lui conférant de nombreuses formes d’identifications (Maffesoli, 2010). Cette pratique sportive favorise la création et la consolidation de liens sociaux au cours de la saison sportive grâce aux émotions perçues et aux situations vécues qui deviennent des biens communs au groupe. Ici, le lieu fait le lien sous la forme de vagabondage identitaire et social généré par la logique interne du longe-côte (Maffesoli, 2010).

Cette socialisation par le prisme du sport de nature en constante évolution va agir comme le ciment d’une socialisation par le bien commun à l’instar des travaux de Maffesoli (2019). Ces derniers mettent en évidence que le sentiment et l’émotion se substituent aux idéaux de la raison, et qu’à la logique de l’identité succède la logique de l’affect. Le longe-côte pourrait ainsi entrer dans l’ère des « tribus », des réseaux, des petits groupes, des rassemblements éphémères et effervescents. La pratique du longe-côte en groupe génère une expérience relationnelle forte et une théâtralisation de la vie sociale. Ces temps de pratique sont à l’origine de différents rituels qui favorisent l’accession à une expérience sociale et relationnelle apaisant une certaine forme d’appétence sociale.

L’aventure vécue au cours d’une séance de longe-côte peut être définie comme une sociabilisation par l’éveil des sensations. Ces dernières pourraient d’ailleurs être démultipliées grâce à un environnement marin source d’émotions. Cette itinérance aquatique génère elle aussi une forme de nomadisme dont la perception de l’environnement en est la pierre angulaire (Simmel, 1999). La pratique du longe-côte favorise la rêverie où le loisir est vécu comme une connexion entre l’individu et son environnement sous la forme d’aventure, de découverte et parfois même d’expédition (Naess & Ruelle, 2013). Enfin, le corps en mouvement permet de ressentir tout un ensemble d’expériences polysensorielles grâce à la pratique sportive en milieu marin. La pratique régulière de cette activité favorise un éveil des sens qui est favorable à une culturation de la nature associée à de nombreux symboles et à un imaginaire social plus ou moins partagé avec les autres membres du groupe de pratique (Corbin, 2016). Si l’imaginaire est un ensemble d’images et de symboles fondateurs qui permettent à l’individu de comprendre le monde qui l’entoure ; cette imaginaire évolue constamment au gré des sociétés avec une sensibilité accrue pour la qualité de l’environnement sur la santé et des vertus bénéfiques au corps (Corbin, 2016).

Pratiquer la marche en milieu aquatique génère tout un ensemble de sensations spécifiques. Le longe-côte peut être analysé par une approche émersiologique à l’instar des travaux d’Andrieu (2016). L’environnement joue un rôle sur la perception des pratiquants et in fine sur ses modalités de sa pratique. Comme évoqué plus haut, le longe-côte est progressivement passé d’un sport dédié à la préparation physique et à la performance à une pratique de loisir et de santé avec une intensité qui s’est amoindri pour permettre aux pratiquants moins attirés par la compétition d’intégrer la pratique. Dans ce cadre, la lenteur peut être analysée comme une expérience immersive dans la mesure où le marcheur aquatique découvre ou redécouvre la profondeur de son corps grâce à une attention plus élevée et à une intensité moins élevée et non compétitive (Andrieu & Loland, 2017). Le longe-côte n’est pas uniquement le fait d’aller d’un point A à un point B en marchant le long des côtes. Prendre l’air, vivre intensément et en profondeur les sensations générées par la marche en mer procurent à l’individu une sensation de bien-être plus élevée qu’une banale marche utilitaire (e.g. se rendre à son travail). Ici, le corps est presque entièrement immergé dans l’eau. Les bras et les jambes sont utilisés par le pratiquant pour se propulser en avant. Cela favorise ainsi un prolongement du corps vers la nature et donc une connexion encore plus intense entre l’Homme et l’environnement (Raça, Dosseville, & Sirost, 2020). Ralentir favorise une expérience du monde basée sur la « cosmo-sensation » amplifiant l’attention portée aux sensations les plus profondes et les plus enfouies (Andrieu, 2017).

L’objectif de cette étude est d’examiner les relations entre la logique interne du longe-côte et la perception des individus au sein d’un environnement potentiellement à risque. Comment perçoivent-ils l’environnement pendant leur entraînement de longe-côte ? Quelles relations entretiennent-ils avec le risque de ce sport ? En raison d’un environnement qui n’est que très peu modulable (i.e. soumis aux conditions météorologiques), la pratique du longe-côte pourrait favoriser une pratique hybride chez les individus qui s’y adonnent. Une hybridation qui s’organiserait autour d’un triptyque reliant l’aventure, le nomadisme et l’éveil. Dans le cadre de cette triple relation, l’expérience de pratique pourrait exercer une influence majeure. Si le milieu marin peut générer de la crainte et du stress chez les uns, il peut aussi favoriser une pratique ludique et de détente chez les autres (Blaschke, O’Callaghan, Schofield, & Salander, 2017). Nous suggérons que la pratique du longe-côte et la perception de cette activité varient en fonction de l’expérience de l’individu, de sa perception du milieu et des représentations qu’il s’en fait. Une crainte trop élevée ou une réaction inadaptée à l’environnement et aux caractéristiques de ce sport peuvent générer un stress trop important pour une progression rapide (Memmert & Roth, 2007). Cette étude vise à comprendre ce que ressentent et vivent les pratiquants de longe-côte à partir du moment où ils entrent dans l’eau et à analyser l’impact de ce milieu naturel sur leur état d’esprit et sur leurs perspectives de progression.

2 Méthodologie

2.1 Matériel et procédure

Le longe-côte ne bénéficie pas d’un nombre élevé d’études qualitatives et quantitatives sur les pratiquants. Des observations participantes ont été réalisées dans un premier temps. Ces dernières se sont déroulées entre octobre 2016 et mars 2017, soit six mois d’observations. Au cours de ces dernières, l’objectif était d’appréhender le comportement des individus et d’obtenir les réponses aux problématiques de cette étude à l’aide d’un journal de terrain (Peretz, 2004). Des entretiens semi-directifs ont été réalisés dans un second temps avec des pratiquants volontaires. Neuf pratiquants aux caractéristiques et aux motifs de pratique différents ont été interrogés en suivant une grille d’entretien préalablement établie à l’aide des observations et de la littérature existante. En raison d’un nombre limité de volontaires pour participer à ces entretiens, l’échantillonnage des participants n’a pas été nécessaire (Combessie, 2007).

3 Participants

3.1 Présentation des observations

Vingt-deux observations ont été réalisées lors des séances de longe-côte au sein de clubs volontaires. Le tableau 1 présente en détail les caractéristiques des entraînements.

Différents formats de séances d’entraînement ont pu être appréciés. Les séances « performances » où les pratiquants s’entraînent principalement en perspective d’une compétition. Les séances « loisirs » où les pratiquants viennent principalement dans une logique d’entretien physique et de bien-être. À l’issue des observations, un compte rendu de séances était fait dans un journal de terrain. Ce dernier était composé de cinq parties :

  • la description du terrain d’observation envisagé (i.e. lieu, horaire, club, attentes, etc.) ;

  • les observations générales (i.e. comportement des pratiquants vis-à-vis de l’environnement et des autres membres du groupe, évolution du rôle entre la première et la dernière séance dans un même groupe, etc.) ;

  • un bilan des premières observations (i.e. premières impressions sur la démarche d’observation, impressions sur le terrain, éléments intéressants et difficultés rencontrées) ;

  • l’émergence de questionnements (i.e. positionnement dans le groupe variable et adapté) ;

  • les interactions avec les pratiquants (i.e. perception des pratiquants sur le terrain, situations particulières rencontrées).

Ces observations de terrain permettent d’optimiser et d’améliorer la compréhension et la perception de la pratique du longe-côte en associant les résultats de cette méthode aux bases du cadre théorique (Combessie, 2010).

Tableau 1

Tableau récapitulatif des observations de terrain lors des séances de longe-côte.

3.2 Présentation des entretiens semi-directifs

Les observations ont permis de construire une grille d’entretien adaptée à la pratique du longe-côte et aux caractéristiques de cette activité physique et sportive. Le tableau 2 présente les caractéristiques des volontaires qui ont accepté de participer à ces entretiens.

Le groupe interrogé est composé de six femmes et de trois hommes. La majorité d’entre eux pratique le longe-côte en loisir ou dans une logique de sport-santé. Seuls trois pratiquants (i.e. deux femmes et un homme) pratiquent l’activité dans une logique compétitive. Parmi ces pratiquants, cinq d’entre eux ont une expérience limitée du longe-côte (une à deux années de pratique) et quatre d’entre eux ont une expérience plus importante (trois ans et plus de pratique du longe-côte). Tous ces entretiens semi-directifs suivaient une grille d’entretien créée dans le cadre de cette étude. Cette grille est organisée en plusieurs parties. La première partie est destinée à prendre connaissance des caractéristiques individuelles (i.e. sexe, âge, taille, poids, profession, etc.). La deuxième partie est destiné à connaître les modes et les motifs de pratique (i.e. régularité, fréquence, intensité, sports pratiqués en parallèle, créneau favori pour pratiquer, lieu de pratique, etc.). La troisième et dernière partie est basée sur la perception du pratiquant vis-à-vis de son sport (i.e. bénéfices attendus ou espérés, la difficulté perçue, le niveau de difficulté technique, etc.). Pour le recueil des informations et des données obtenues au cours des entretiens, le dictaphone a été privilégié plutôt que la prise de notes afin de favoriser une retranscription plus fine (Mucchielli, 1993). Les entretiens duraient en moyenne 27 minutes.

Tableau 2

Caractéristiques des pratiquants de longe-côte ayant participé aux entretiens semi-directifs.

4 Résultats et discussions

4.1 Observations in situ

Les observations in situ avaient pour objectif de construire la grille d’entretien et de discuter des résultats en concordance avec les réalités de ce sport encore peu étudié dans la littérature scientifique. Cette première méthode a fait émerger que :

  • les encadrants favorisent la cohésion de groupe et les relations inter-individuelles. Ils sont générateurs de lien entre le premier et le dernier pratiquants du groupe. L’encadrant possède un rôle sécurisant auprès de pratiquants loisir ou santé en raison d’un environnement inconnu ou perçu comme potentiellement dangereux ;

  • l’environnement a un impact sur le groupe et ses relations internes (e.g. mer, forêt, plage, ville, etc.). Le risque perçu lors des sessions de longe-côte oblige le groupe à conserver une distance réduite entre le premier et le dernier du groupe ;

  • l’intensité de pratique favorise la discussion et les échanges interindividuels sans entraîner un essoufflement important. Cette intensité variable pourrait exercer une influence sur la perception de la pratique du longe-côte si elle est adaptée au niveau du pratiquant ;

  • il existe un partage de valeurs communes entre les pratiquants autour du respect de la nature, de l’écoute de son corps et de l’autre (e.g. attrait pour la nature, recherche d’un sport ludique, recherche du bien-être physique dans un milieu où le poids de corps est réduit) ;

  • les échanges avec les pratiquants et les encadrants avant, pendant et après l’entraînement génèrent une forme de soutien social lorsque la difficulté perçue y est plus élevée. Cela peut être lié à un parcours plus difficile ou encore à des mauvaises conditions environnementales.

4.2 Entretiens semi-directifs

Pour donner suite à ces observations, des entretiens ont été réalisés avec les pratiquants. Une analyse des entretiens a été faite à l’aide du logiciel NVIVO. Le but est de déterminer les termes et les notions qui apparaissent et reviennent le plus régulièrement sur l’ensemble des entretiens.

La figure 1 met en évidence les principaux termes évoqués par les volontaires au cours des entretiens. Il apparaît que la notion de groupe est au cœur de cette pratique. L’autre terme régulièrement évoqué lors des entretiens est : « sortir » qui a été régulièrement associé au fait de pratiquer dans un environnement extérieur et naturel. Les termes propres à l’environnement sont très représentés dans ce nuage de mots avec : « vagues », « froid », « nature » et « marin ». Ces premiers éléments de réponse sont encore trop limités sur le plan scientifique pour pouvoir obtenir des réponses aux questionnements de notre recherche. Ils permettent de mettre en évidence un premier croisement entre les trois logiques développées dans le cadre théorique de cette recherche. Sur le plan sémantique, ces entretiens permettent de mettre en évidence le nomadisme avec des notions telles que : « groupe », « monde », « marin » ; l’éveil des sens avec des notions telles que : « sentir », « agréable », « physique », « plaisir » et l’aventure avec des notions telles que : « sortir », « nature », « partir ».

Dans la continuité des observations et de l’utilisation d’outil comme le nuage de mots, une analyse plus fine a donc été effectuée au sujet des termes qui revenaient régulièrement au cours des entretiens. Le tableau 3 présente ces résultats en mettant en exergue les termes, leurs occurrences et leur pourcentage pondéré. Au-delà des notions de « longe-côte » et de « marche aquatique » évoquées régulièrement (i.e. 58 occurrences), le « groupe » est un terme très représentatif des entretiens réalisés avec les pratiquants de ce sport (i.e. 69 occurrences). Les pratiquants trouvent certains avantages à cette pratique collective comme l’ambiance, les émotions vécues en commun et le partage d’objectifs avec les autres membres du groupe (Moscovici, 1994) : « Quand on est en groupe, on discute, on parle et on évoque plein de sujets mais c’est plaisant l’un comme l’autre. Mais je ne ferai pas de séance toute seule ça n’a pas trop d’intérêt et puis en groupe on essaye de se mettre des challenges en jouant avec les courants et avec des jeux, ce qui met une bonne ambiance dans la pratique » (A).

La cohésion sociale générée par ces entraînements semble apporter des effets bénéfiques à l’amélioration de la confiance en soi favorable à l’immersion dans un milieu potentiellement à risque : « Au tout début quand j’ai commencé le longe-côte, je n’aimais pas forcément la mer, je n’aimais pas m’y baigner par peur des méduses, peur de ne pas voir le fond mais à partir du moment où il y avait la combinaison, le groupe, ça a complètement changé. J’ai complètement pris confiance en moi dans l’eau. Et puis maintenant je suis un peu plus aguerrie, je suis prête à y aller par tous les temps même si les vagues mesurent plus d’un mètre. Donc beaucoup de questionnements par rapport à l’eau » (G). Les notions liées aux sensations et au plaisir sont régulières au cours des entretiens (i.e. 28 occurrences). Cette forme de sentiment de bien-être immédiat favorisé par l’environnement de pratique est régulièrement évoquée chez les pratiquants interrogés : « Je ne sais pas si c’est vraiment des avantages physiques, c’est plutôt un bien-être. Je suis enfermée toute la journée dans un bureau, assise, et le fait de pouvoir sortir au grand air, c’est une espèce d’évasion et de liberté. On voit les oiseaux, la mer, les vagues, on a la plage pour nous le dimanche matin, donc c’est vraiment très agréable. C’est plus une sensation intérieure pour me vider la tête qu’une activité physique même si c’est physique » (F).

Ces émotions et sensations sont favorisées par un environnement marin et par un milieu aquatique régulièrement évoqués par les pratiquants (i.e. 65 occurrences). La mer, les vagues, les animaux marins, les conditions météo peuvent avoir des effets directs sur la pratique du longe-côte ainsi que sur la perception des pratiquants (Amou, 2016) : « Déjà on respire le grand air, et puis franchement dans l’eau on ne se fait pas mal, on ne force pas autant que sur la terre ferme, ça apaise le poids des articulations. On a aussi un sentiment de liberté, à chaque fois ce n’est pas le même paysage selon comment le soleil donne, même ce matin on a eu de la pluie, c’est vraiment merveilleux. À chaque fois en sortant on se dit quelle belle séance ! » (G).

La pratique dans ce milieu non adaptable par l’entraîneur peut être une limite pour les individus qui ne sont pas à l’aise en milieu aquatique d’autant plus lorsque les conditions ne sont pas optimales avec une mer agitée. Dans ce cadre, le groupe est un moyen de rassurer et de soutenir le pratiquant en difficulté pour favoriser une meilleure perception de l’aventure sensorielle qu’il est en train de vivre (Corbin, 2013 ; Paugam, 2012) : « Avant chaque séance, il y a un petit échauffement donc c’est vrai qu’en ce moment où l’eau n’est pas très chaude, mais il y a toujours un moment d’appréhension, les premiers instants c’est froid, c’est difficile. Et puis quand on commence à marcher, ça se réchauffe et on se laisse prendre par le mouvement par l’environnement. Dans certains groupes, on aime aussi bavarder. C’est finalement un sentiment de bien-être lié à la pratique sportive, à l’environnement mais aussi en fonction de l’état de la mer, on peut aussi avoir tendance à jouer avec les vagues avec un certain côté ludique. Ça c’est une dimension ludique qui n’est pas désagréable quand la mer est un peu plus agitée » (I).

Néanmoins, le caractère hybride d’un sport de nature comme le longe-côte ne peux pas être uniquement démontré comme l’addition des trois axes étudiés (i.e. nomadisme, aventure et éveil des sens). Cela est observable au sein des différents verbatims. Un axe n’est que très rarement isolé des deux autres. À ce titre, les travaux de Gibout et Audouit (2017) évoquent le caractère multimodal et interconnectés d’empreintes laissés par ces pratiques sportives de plein air sur un espace (i.e. sociologique, symbolique, paysagère ou encore symbolique). En rupture avec une conception essentialiste des sports de nature, les données théoriques, les observations et les outils utilisés pour cette étude démontrent que cette pratique se caractérise par la multiplicité de ces facettes générant des modalités de pratique variées voire contrastées qui peut parfois aller jusqu’au conflit entre les clubs (e.g. pression anthropique, conflits d’usage, valeurs différentes, etc.). Ces divergences sont comparables aux sports d’hiver au sein des stations d’hiver. Dans ce cadre, les lieux permettant la pratique des sports de nature sont des zones d’attractivités touristique et sportive soumis à concurrence. D’où la nécessité pour les stations et pour ces zones consacrées aux sports de nature de valoriser leurs propres ressources et de se construire une identité locale différenciée de celle des autres afin de conserver une attractivité optimale (Perrin-Malterre, 2014). Cela influence ainsi les registres et les modalités de pratique en fonction des lieux, des clubs, des structures. C’est la raison pour laquelle l’analyse et la compréhension des données suivantes doivent se faire dans une approche croisée au sujet des trois axes d’étude.

La figure 2 résume cette étude et permet d’apporter une autre réponse aux questions initiales sur la base des profils de pratiquants interrogés (cf. Tab. 2) tout en ne négligeant pas le caractère hybride du longe-côte. Ces entretiens mettent en relation les termes utilisés par les individus interrogés et les trois notions du triptyque d’hybridation autour duquel gravite le longe-côte (i.e. aventure, nomadisme et éveil). Les entretiens semi-directifs démontrent que les pratiquants A, E et H (i.e. pratique en loisir depuis un et deux ans) sont ancrés dans une pratique qui oscille principalement autour de l’aventure et du nomadisme grâce à un vocabulaire principalement associé au voyage, à la découverte, au fait que l’environnement n’est jamais identique. Ils évoquent aussi des termes propres au ressenti avec une perception des sensations comme critère nécessaire à la gestion de leurs efforts à l’entraînement.

Les individus G, I et F (i.e. pratique du longe-côte depuis au moins deux ans en compétition) sont surtout ancrés dans une pratique d’éveil et d’aventure. Les entretiens réalisés avec ces marcheurs démontrent l’importance des sensations lorsque le corps se met en action dans l’eau. Ils évoquent plus souvent leur progression physique et leur souhait de redécouvrir leur corps et l’environnement dans lequel ils évoluent. Notons que la part de nomadisme chez ces pratiquants est perceptible avec l’envie de pratiquer avec d’autres marcheurs lorsque la fatigue induit une baisse de motivation. Les autres deviennent alors des partenaires d’entraînement nécessaires à leur progression (i.e. sparring partner).

Les pratiquants D et B (i.e. pratique en loisir depuis un an, tranche d’âge 60–70 ans) oscillent entre une pratique ancrée autour du nomadisme et de l’éveil. Se dépasser n’est pas pour eux un objectif primaire. Au contraire, ces pratiquants sont dans une logique hédoniste et sociale où le but est de rester à l’écoute de son corps tout en allant au rythme des autres membres du groupe. Pour ces pratiquants, les autres membres du groupe influencent leur perception de la séance. La notion d’aventure existe malgré tout mais elle a tendance à créer une certaine forme de crainte et d’angoisse en raison de capacités physiques limitées ou d’un manque de connaissance du milieu marin.

Enfin, le pratiquant C (i.e. pratique depuis trois ans en loisir) est ancré dans une pratique en équilibre autour des trois notions du triptyque Néanmoins, il possède un fort intérêt pour l’éveil des sens. Ce dernier est à la recherche de sensations et d’émotions générées par l’environnement et la pratique sportive avant, pendant et après son entraînement de longe-côte avec un attrait particulier pour les séances en groupe favorisant la discussion et le partage. Conscient que chaque séance lui apporte son lot de surprise, l’aventure est un pilier qui n’est jamais très éloigné non plus.

thumbnail Figure 1

Nuage de mots issu de l’analyse des entretiens semi-directifs avec des pratiquants de longe-côte.

Tableau 3

Tableau récapitulatif des termes les plus employés par les pratiquants de longe-côte lors des entretiens semi-directifs.

thumbnail Figure 2

Relation entre profils de pratiquants de longe-côte interrogés et triptyque « aventure-éveil-nomadisme ».

5 Discussions

L’objectif de cette recherche était d’observer puis d’analyser la perception des pratiquants de ce sport à la logique interne particulière en raison d’un environnement potentiellement à risque et peu adaptable (Buckley, 2020). L’hypothèse de départ portait sur l’existence d’une perception hybride de ce sport articulée autour du nomadisme, de l’éveil et de l’aventure. Ce triptyque pourrait influencer positivement ou négativement la perception de l’environnement de pratique potentiellement à risque. Les observations et les entretiens effectués auprès des marcheurs aquatiques ont permis de mettre en évidence l’existence d’une perception du risque plus ou moins importante en fonction de caractéristiques individuelles encore difficiles à définir précisément. La perception de l’environnement de pratique est propre à chaque individu. D’autant plus que l’environnement n’est jamais identique d’une séance à l’autre. À ce titre, l’imaginaire lié à l’environnement de pratique ; le choix d’une technique particulière et l’organisation des séances sont influencées par les articles, les vidéos et tous les supports de communications provenant des fédérations, des ligues et des clubs (Stewart & Lacassagne, 2005). Cette sphère sociale créée et consolidée autour de la pratique physique et sportive est un ancrage fort du longe-côte et permet de construire une tribu aux normes et aux valeurs similaires qui se réunit pour chaque entraînement.

Pratiquer un sport de nature va bien au-delà d’une simple activité physique ou d’une marche qui irait d’un point à un autre. Pratiquer une activité de pleine nature comme le longe-côte génère la construction, voire la consolidation (i.e. selon le volume de pratique hebdomadaire) de différentes formes de socialisations. Une socialisation par l’éveil où le pratiquant entre dans une démarche d’écologisation et d’immersion dans un milieu qui n’est jamais le même. Cela est d’autant plus fort en raison de la logique interne de l’activité qui favorise à la fois les contacts sensoriels amplifiés avec l’environnement puisque l’individu est en mer avec un niveau d’eau qui le recouvre en grande partie (Andrieu, da Nobrega, & Sirost, 2018). Une socialisation par l’aventure où les individus doivent apprendre à maîtriser le couple risque − sécurité. L’objectif est de ne pas se mettre en danger, d’une part, et de profiter des bénéfices de l’APS et de son milieu, d’autre part. La pratique physique réalisée en milieu naturel favorise une plus grande intensité du moment et renforce les liens entre les membres du groupe. Une socialisation par le voyage et le nomadisme générée par la pratique sportive en milieu naturel. Pendant les temps libres, en vacances ou au cours de voyages organisés, les individus pratiquent cette nouvelle forme de nomadisme en associant la pratique d’une activité physique à la découverte d’un territoire nouveau (Maffesoli, 2010).

Marcher en milieu naturel mêle la socialisation par l’éveil à la socialisation par l’aventure. Cette pratique physique et sportive fait émerger une attention et une écoute tout à fait différentes de celles mises en place dans la vie quotidienne par le biais d’une lenteur accrue favorable à une perception encore plus profonde et plus intense des sensations renvoyées par le corps (Andrieu, 2017). L’itinérance génère des prises de l’individu sur la nature. Elle lui permet de prendre du recul sur sa vie quotidienne, de vivre intensément l’instant par une utilisation quasi-maximale de tous ses sens (Gros, 2009 ; Le Breton, 2000), quitte à parfois prendre des risques et à mettre sa propre vie en danger (Le Breton, 2012).

Au cours des échanges et des entretiens, les termes liés à l’« ambiance », à la « convivialité » et à la « solidarité » revenaient régulièrement. La relation entre le pratiquant, son groupe et de la nature au sein de laquelle il évolue s’explique au travers de la préface de Maffesoli pour Durkheim dans Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912). Le longe-côte fait partie de ces activités de re-magification du lien avec la nature observable sous forme de religiosité profane (i.e. hors de l’Église). Ces notions mettent en valeur la qualité des liens entre les membres du groupe. Elles pourraient être l’une des raisons pour lesquelles certains clubs et certains sports d’itinérance vivent actuellement un essor considérable. À ce titre, l’approche anthropologique paraît être la plus appropriée pour différentes raisons. Ces sports de nature comme le longe-côte sont liés à de nouvelles formes de nomadisme où les individus ne se déplacent plus pour vivre ou survivre en fonction des saisons mais pour pratiquer une activité, un sport, une passion (White, 1987).

L’itinérance propre au longe-côte est marquée par des dimensions à la fois différentes et interreliées entre elles puisque chaque marcheur, en fonction de ses caractéristiques individuelles, de son vécu ou encore de son expérience percevra les situations de manière différente (Roux et al., 2007). Au-delà de la dimension environnementale de cette pratique, les dimensions sociales et culturelles apparaissent au sein de la pratique des sports de nature comme le longe-côte qui attirent chaque année plus d’un français sur deux (Aubel, Lefèvre, & Tribou, 2008).

Dans la perspective d’une perception du milieu marin et de la logique interne du longe-côte qui se doit d’être optimale pour être bénéfique à la progression du pratiquant, le soutien social des autres membres du groupe et de l’entraîneur est nécessaire voire fondamental (Eyler et al., 2002). La présence des encadrants permet de guider et d’apporter des conseils techniques dans certaines situations plus complexes. Grâce à ces facteurs facilitants, l’attention et la perception de l’environnement peuvent favoriser une meilleure inclusion à ce milieu à risque. Lors des observations, certaines situations paraissaient dangereuses avec le passage de bancs de sable ou encore le passage d’épis rendus glissants par les algues devenues accessibles à l’ensemble des pratiquants grâce au soutien moral, physique et technique des sportifs les plus aguerris envers les néophytes. L’entraîneur accompagne le pratiquant pour lui permettre de choisir le chemin optimal pour continuer en toute sécurité avec le reste du groupe (Stone, Rothwell, Shuttleworth, & Davids, 2020). Il en est de même lorsqu’un sportif est en difficulté à l’arrière du groupe. L’encadrant joue un rôle de soutien et d’accompagnateur sur l’approche technique et psychologique. Ce soutien et ce réconfort sont favorables au bien-être de l’individu et à sa perception de l’environnement qui devient plus favorable à sa progression (MacPherson, Smith-Lovin, & Brashears, 2006).

Ces différentes formes de socialisations font parties des facteurs clés à prendre en considération dans la compréhension et l’analyse du longe-côte. Le manque de connaissances sur le milieu et sur l’environnement de pratique, l’absence de repères ou une technique limitée amplifient ce caractère aventureux de ce sport. Cela peut générer une plus grande appréhension de l’individu qui devra accorder une attention encore plus élevée sur l’environnement en éveillant de façon plus intense l’ensemble de ses sens (Devine, Plant, Amodio, Harmon-Jones, & Vance, 2002).

Le longe-côte démontre d’autant plus son aspect hybride lorsqu’il est pratiqué dans le cadre d’une activité physique adaptée puisqu’il permet à l’individu de se sentir vivre ou revivre après un accident ou une pathologie grave. Les pratiquants rencontrés à ce sujet mettent en évidence que ce sport leur permet de retrouver un éventail de capacités physiques suffisant pour (re)vivre normalement. Pour d’autres, le longe-côte leur permet de faire face aux effets du vieillissement grâce à des sensations corporelles et à des émotions générées au cours de la pratique favorables à leur bien-être et à la diminution de certaines douleurs (e.g. articulations, arthrose, etc.). Le bien-être perçu pendant la séance est lié au parcours, à l’environnement, à sa pratique sportive qui a généré tout un ensemble de réponses physiologiques. Ces bénéfices sont aussi liés au groupe. La présence d’autres pratiquants influence l’impact de l’activité sportive sur le bien-être perçu (Anzieu, 1984) d’autant plus sur les fondements de la pratique sont similaires et surtout partagés comme cela est observable dans d’autres sports aquatiques comme le surf qui possède une culture qui lui est propre (Sayeux, 2013).

Cette discussion autour de la pratique du longe-côte et des individus qui s’y adonnent permet de développer les trois grands points sur lesquels la pratique de ce sport s’appuie : l’itinérance, l’aventure et l’éveil des sens. Cette activité sportive d’itinérance par sa logique interne et par l’environnement dans lequel elle se pratique génère une re-magification de la nature. Cette idée est proposée par Thomas (1985) dans son ouvrage Dans le jardin de la nature et par Viard (1990) dans Le Tiers Espaces : essai sur la nature. La re-magification de la nature déploie une part magique chez l’individu et exprime une religiosité hors église. Cette foi nouvelle pour la nature construit des formes de sociabilités et de socialisations nouvelles. La première prend appui sur l’introspection corporelle via une bascule des sens par la pratique sportive (i.e. l’éveil). Le longe-côte favorise la réalisation de soi, du fait de sa logique interne qui favorise l’éveil dans un environnement qui n’est jamais le même en fonction de la météo, de la plage ou de la forme physique et morale du pratiquant (Naess, 20082009). Les individus ont régulièrement évoqué l’omniprésence des sensations, des émotions et du besoin de décompresser générés dans le cadre de leur pratique. La seconde prend appui sur l’environnement et son intensité (i.e. l’aventure). La logique interne et les modalités de pratique du longe-côte exercent une influence sur le couple risque-sécurité ainsi que sur l’intensité des émotions vécues au sein d’un environnement naturel (Simmel, 2013). La troisième prend appui sur le bien commun d’un groupe voire d’une société (i.e. le nomadisme). La variable d’hybridation basée sur le voyage, le tribalisme, le nomadisme et l’écosophie (Maffesoli, 20032010) apparaît dans la pratique du longe-côte par une multiplicité d’appartenances aux autres par le prisme des amis, du club ou encore de la fédération.

Ces trois prises, au sens de De Baecque (2014), permettent de rendre compte des processus de bien-être psychosociaux à l’œuvre au sein d’une pratique du longe-côte chez les individus. Ces différentes prises se superposent les unes aux autres (Berque, 2014) et confirment les hybridations historique, sociale et sportive (Gérardin & Andrieu, 2011) ainsi que l’émergence de multiples formes d’un retour à la nature et aux natures plurielles (Sirost, 2009). Ces modalités de pratique observables dans le cadre du longe-côte pourraient être à la source de l’essor important constaté depuis le début des années 2000 en France au sein des sports de nature comme la marche nordique.

6 Conclusion

Cette étude est une première étape dans l’analyse et la compréhension de la pratique du longe-côte. Ce sport reste très récent et peu étudié par la littérature scientifique. Si cette étude et son analyse possèdent certaines limites liées à un nombre réduit de pratiquants et à une littérature spécialisée restreinte, elles permettent néanmoins de générer des perspectives vers d’autres recherches dédiées au longe-côte. Une relation dynamique est observable entre la logique interne de ce sport, l’environnement de pratique et la perception de l’individu. En raison d’une pratique sportive oscillant entre risque et plaisir, il sera nécessaire d’analyser les facteurs individuels susceptibles d’influencer la perception et les processus d’apprentissage du pratiquant de longe-côte à court, moyen et long termes.

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Citation de l’article: Raça I, Dosseville F, & Sirost O (2022) Analyse de l’influence des représentations individuelles sur les modalités de pratique en longe-côte. Vers une perception de l’environnement marin génératrice d’une socialisation hybride basée sur l’aventure, le nomadisme et l’éveil. Mov Sport Sci/Sci Mot, 115, 57–67

Liste des tableaux

Tableau 1

Tableau récapitulatif des observations de terrain lors des séances de longe-côte.

Tableau 2

Caractéristiques des pratiquants de longe-côte ayant participé aux entretiens semi-directifs.

Tableau 3

Tableau récapitulatif des termes les plus employés par les pratiquants de longe-côte lors des entretiens semi-directifs.

Liste des figures

thumbnail Figure 1

Nuage de mots issu de l’analyse des entretiens semi-directifs avec des pratiquants de longe-côte.

Dans le texte
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Relation entre profils de pratiquants de longe-côte interrogés et triptyque « aventure-éveil-nomadisme ».

Dans le texte

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