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Numéro
Mov Sport Sci/Sci Mot
Numéro 97, 2017
Technologies et techniques des sports : le regard de l’histoire et des sciences humaines et sociales
Page(s) 35 - 43
DOI https://doi.org/10.1051/sm/2017025
Publié en ligne 15 décembre 2017

© ACAPS, EDP Sciences, 2017

Les technologies numériques bouleversent sans aucun doute aujourd'hui les pratiques professionnelles des techniciens du sport. La capture de mouvement (motion capture en anglais) est une technique permettant d'enregistrer les positions et rotations d'objets ou de membres d'êtres vivants, pour en contrôler une contrepartie virtuelle sur ordinateur (caméra, modèle 3D, ou image de synthèse). Ces nouvelles technologies fournissent des renseignements inédits que l'œil humain ou un expert seraient incapables d'analyser. Sans aucun doute ces technologies numériques modifient le regard du praticien dans la manière d'observer et comprendre un geste efficient (Peter & Fouquet, 2010a). D'où le projet ici de rassembler deux chercheurs, spécialistes de tennis, un issu des sciences sociales, l'autre issu des sciences du vivant, afin de faire le point sur l'utilisation des technologies dans l'analyse du mouvement du service et de sa transmission efficiente. Pour illustrer nos propos, nous nous cantonnerons au seul geste du service.

Analyse historiques des discours techniques, analyse des innovations dans la capture du mouvement en biomécanique, mise en place de nouveaux outils pour décrire et observer les mouvements efficaces à l'usage des enseignants et des entraîneurs, voilà autant de thèmes susceptibles de créer une attention totalement repensée aux techniciens et professionnels de tennis.

1 Une évolution technologique dans la capture de l'image du service inscrite dans l'histoire du tennis moderne

1.1 Plaidoyer pour une histoire culturelle des techniques

À l'heure actuelle, techniciens et spectateurs passionnés de tennis sont émerveillés par la technique de Roger Fédérer, vainqueur de l'Open d'Australie 2017 à 37 ans. De prime abord, son geste paraît très simple et fluide, avec une coordination et un enchaînement parfaits de toutes les parties du corps mobilisables, des pieds au poignet, ce qui lui permet de donner à la balle une vitesse moyenne de plus de 200 km/h sur ses premiers services. Vitesse presque équivalente sur ses « secondes balles » avec un effet plus accentué. D'où un travail légitime des entraîneurs et techniciens pour comprendre cette technique jugée efficace en vue de la reproduire et la transmettre. La notion de technique gestuelle est ici entendue dans un sens très classique et correspond aux moyens physiques transmissibles jugés les plus efficients pour atteindre un but dans une situation donnée. Mais au-delà de la simple description de mouvements corporels, de la transmission de procédés bien définis destinés à produire des résultats jugés utiles et efficaces, nous voudrions défendre la place essentielle d'une archéologie des discours techniques dans la recherche d'une meilleure compréhension du mouvement. En effectuant un retour historique réflexif sur les techniques engagées dans le service par les premiers compétiteurs et celles utilisées aujourd'hui, ne peut-on pas en profiter pour comprendre les principaux éléments de l'évolution de nos regards sur la technique (Vigarello, 1988). L'intérêt que peut représenter une histoire des techniques corporelles liée au geste du service, c'est le fait qu'elle peut indiquer un certain nombre d'orientations et de transformations qui peuvent être utiles à l'enseignant et au technicien (Vigarello & Vives, 1985). C'est le projet d'une histoire culturelle des techniques pour comprendre les réalisations techniques de l'Homme, de leur contexte d'apparition comme de leur impact sur la société (Gille, 1978). Elle associe à l'examen des objets techniques, les modes de pensée, les circonstances sociales et économiques qui ont permis leur réalisation (Combarnous, 1984 ; Bruant, 1992). La technique sportive est le témoin et le produit des sociétés, sous l'influence des sensibilités culturelles et des milieux technologiques (Robène, 2006, 2014).

Dans cette histoire des techniques, les technologies de la capture et la fixation de l'image en renfort de l'œil révèlent l'importance fondamentale prise par les machines d'enregistrement, avec dans l'ordre d'apparition à partir de la fin du XXe siècle les dispositifs photographiques, cinématographiques, puis les dispositifs vidéos et l'imagerie numérisée. Ce sont des yeux en plus pour voir et se voir (Peter & Fouquet, 2010b). On observe dans cette histoire des technologies une très grande inventivité pour expérimenter avec de multiples appareillages la visualisation du corps. Ces techniques de visualisation, pour améliorer notre regard, au fur et à mesure qu'elles deviennent plus puissantes dans la recherche du détail parfois imperceptible à l'œil nu, modifient le rapport au corps et plus particulièrement celui du sportif (Vigarello, 1986). Une nouvelle cartographie du corps se dessine au gré des découvertes technologiques et des investigations des chercheurs et modifient les modèles d'interprétation de la maîtrise d'un mouvement efficient (Pozzo, 2000).

Dans l'histoire de l'analyse technique du service en tennis on peut distinguer deux grandes périodes. Périodisation obtenue par la collation d'un corpus d'archives dérivé de la consultation de manuels techniques de tennis depuis 1893 (au moins deux par décennie), et une consultation systématique des technicoramas parus dans la revueTennis de France de 1953 à 1993. À la lecture de ces archives on peut différencier une première période, héritière des premiers procédés cinématographiques, et s'accompagne d'une vision essentiellement mécanique de l'analyse du mouvement du tennis. La deuxième période amorcée à la fin des années 1960, avec l'affinement de l'analyse du mouvement permis par la révolution électronique et informatique entame un changement dans l'interprétation de l'exécution du mouvement dans une perspective bio-informationnelle.

1.2 La décomposition du mouvement en plusieurs instants réunis sur une même image en mode stroboscopique développe une vision mécanique du mouvement (1893/1970)

À la fin du XIXe siècle, la photographie permet avec des gros plans d'isoler des détails afin de mieux comprendre les mouvements efficaces des joueurs :

«The illustrations in this book are real photographs, that the strokes are real strokes […] the process was very simple […] the lengths of exposure were, for Mr.Hall half a thousandth of a second, and for the other players one thousand of a second » (Dwight, 1893).

À la même période, tout en utilisant le procédé photographique, des études originales sont expérimentées par Marey et Demenÿ depuis 1882 et Muybridge en 1887. L'idée est de décomposer le mouvement en plusieurs clichés pouvant être superposés et assemblés. Inventée par le physiologiste Etienne-Jules Marey en 1882, la chronophotographie est un instrument d'observation scientifique (Frizot, 1977). Ces images prises en saccades successives, à une fraction de millième de seconde, restituent avec une troublante perfection l'intégralité du déplacement d'un sujet devant un fond noir. Dès lors, en visualisant de façon précise la décomposition et la variation des mouvements, il est possible d'en comprendre le fonctionnement (Pociello, 1999).

Ces procédés photographiques permettent avec des gros plans et différents angles de prises de vue, d'isoler des détails. Cela afin de mieux comprendre les mouvements efficaces des meilleurs joueurs. Ils seront abondamment utilisés pour illustrer une littérature technique abondante sur l'analyse du service au tennis dans la première moitié du XXe siècle (Beldam & Vaile, 1905 ; Vaile, 1906 ; Paret, 1926). Dans ce prolongement, René Lacoste sera dans les années 1920 un utilisateur convaincu du cinéma et du kinogramme :

« Le cinéma au ralenti a permis de décomposer chaque geste beaucoup mieux, et les observations qu'il a permises ont projeté une lumière toute nouvelle sur certains points de la technique du tennis… » (Lacoste, 1928).

C'est la même démarche que reprend Gil de Kermadec en 1953, en tant que photographe et ancien joueur de tennis en première série. Cette double compétence lui permet de publier dans la revue Tennis de France des « études techniques » portant sur des analyses des différents mouvements du tennis, dont le service, s'appuyant sur l'analyse cinématographique (Martin, Pestre & Peter, 2014). Pour l'historien, s'offre alors la constitution d'un corpus important de 1953 à 1993 pour analyser l'évolution de la description et l'interprétation des images à travers ces « notes techniques » et « technicorama ». Ces notes ont été pendant des décennies un référentiel pour les passionnés et techniciens de tennis. Ces analyses techniques profitent d'un double regard. Celui d'un technicien reconnu − Gil de Kermadec est nommé directeur technique national en 1961 –mais aussi de l'œil avisé d'un amateur passionné des technologies de l'image. Ce qui lui permet dans un premier temps de décomposer le déroulement mécanique du geste, image par image. Ainsi en 1956, dans l'analyse technique du service de Lewis Hoad, Gil de Kermadec décompose de manière classique le geste de service en six phases : départ, préparation, boucle et rotation, détente, frappe, et il y adjoint des flèches pour analyser le parcours effectué par la raquette. La description reste assez proche de celle développée par la méthode française en 1942 :

« Le serveur va maintenant frapper la balle. Son bras droit se détend brusquement vers la verticale pour la frapper aussi haut que possible. En frappant la balle, il doit recouvrir légèrement, c'est-à-dire la frapper à un point au-dessus d'un plan horizontal qui la couperait en deux. Dans cette détente générale, l'épaule droite qui était très effacée se porte très brutalement en avant et le poids du corps est transféré sur la jambe gauche. Le mouvement de l'épaule en avant se produisant d'abord de gauche à droite (pour le joueur) et de bas en haut autant que d'arrière en avant, il en résulte que la raquette frappe aussi la balle de bas en haut et de gauche à droite, ce qui lui imprime un effet provoquant une trajectoire courbe et aidant à la « garder » dans le carré de service ».

Avec le service de Manuel Santana, étude technique no 64 parue en 1961, on analyse pour la première fois le service à bascule utilisé après l'aménagement par la Fédération Internationale de Tennis en 1958 de la règle 6. Cette nouvelle règle permet au serveur de sauter ou passer la jambe au-dessus de la ligne de fond (Kermadec, 1961). Ce changement de règlement en autorisant d'avoir les pieds décollés au moment de la frappe, a permis d'accentuer la poussée des jambes dans la technique du service et d'accroître la puissance de frappe. Entre les années 1970 et 1990, on assiste ainsi à la généralisation du « service ciseau » avec un recul de la jambe gauche (Kinogramme de Pierre Barthès et François Jauffret), puis avec la technique du service sauté inventée par Arthur Ashe au début des années 1970. Cette dernière technique sera adoptée par un nombre sans cesse croissant de joueurs dans les années 1980–1990, pour être aujourd'hui généralisée, également chez les joueuses. Elle témoigne de la tendance à l'accentuation d'un usage toujours plus grand et mieux instrumenté de l'utilisation de la force des jambes.

Au niveau de l'analyse des kinogrammes, avec l'apparition de caméras plus perfectionnées utilisant toujours le procédé photographique, avec 25 images par seconde, cela permet une restitution plus fine du geste de Pierre Barthés et de « restituer le mouvement (du service) dans son intégrité » (Kermadec, 1963). De même, une meilleure définition des images, autorise des « zooms » sur telle ou telle partie du corps du service, ce qui facilite la décomposition des forces qui concourent à la « perfection du geste » (Kermadec, 1965). Avec l'analyse du service de Rod Laver, la sélection des nombreux clichés significatifs du mouvement se passe de commentaires : « Une séquence de 40 photographies uniformément séparées, nous paraît assez expressive par elle-même pour que nous en réduisions le commentaire à sa plus simple expression sous peine de faire double emploi avec l'image » (Kermadec, 1969). Par contre avec le no 266 parue dans la revue Tennis de France, avec le kinogramme d'Ilie Nastase, le parti est définitivement pris de ne plus séparer les images par des intervalles constants (souvent le 1/30e de seconde), mais en fonction de leur signification (Kermadec, 1971).

Ces multiples exemples significatifs de la période 1960–1970 insistent sur l'importance des appuis et de l'équilibre du corps dans l'exécution du geste. La description mécanique et la physique viennent en renfort des explications techniques pour interpréter les images.

« L'extension du corps ; la remontée vers l'avant de l'épaule et du coude droits prolongés par l'extension du bras et du poignet entraînent la raquette à grande vitesse en direction du point d'impact. Cette vitesse est encore accrue par la pronation de l'avant-bras nécessaire pour ramener le plan du cordage perpendiculaire à la direction à donner à la balle avec la tenue de raquette adoptée. Le coude gauche, ramené contre la hanche contribue à empêcher la fuite de l'épaule vers l'arrière. L'impact est situé à l'aplomb du pied gauche (service plat sans perte d'équilibre) » (Kermadec et Loth, 1970).

La méthode française de tennis réactualisée en 1970 prolonge ainsi la méthode de 1942. Cependant, au début des années 1970, l'apparition de nouvelles technologies comme le VHS (Vertical Helical Scan) avec l'enregistrement d'un signal vidéo sur bande magnétique (système analogique) via un magnétoscope va modifier les discours et les interprétations du mouvement du serveur (Peter & Fouquet, 2010a, op. cit.).

1.3 D'un modèle mécanique à un modèle bioénergétique (1970/2000)

Gil de Kermadec, avec l'apparition de nouvelles technologies de capture de l'image va modifier son discours non seulement dans l'analyse du geste mais aussi dans la représentation du mouvement. On passe progressivement d'une description mécanique du geste, à une analyse plus systémique englobant les résultats importants fournis par les outils analogiques puis numériques. La première étape se concentre dans l'utilisation du magnétoscope qui est jugé prometteur :

« Pour l'instant le procédé coûte cher. Il se passera encore quelques années avant qu'il puisse être mis à la portée de tous : quand le magnétoscope et l'informatique seront entrés dans tous les clubs » (Kermadec, 1973).

Au début des années 1980, en complément de la capture de l'image sous forme analogique s'ajoutent les premières modélisations et études biomécaniques obtenus après calculs informatiques numérisés (Durey & Kermadec, 1984). Suite à la parution de ces premières recherches, le discours technique du service change, notamment avec l'analyse du service de Boris Becker dans un « technico » paru en 1986 :

« Sur le plan du rythme, on observera la grande durée du temps de ressort où, la préparation terminée, le serveur rassemble son énergie avant de lancer son action qui débutera par l'extension des jambes, premier chaînon de l'ondulation qui se terminera par le fouetté de la raquette » (Kermadec, 1986).

Les nouveaux procédés informatiques interpellent Gil de Kermadec :

« Parmi les choses qui m'intéressent le plus en ce moment se trouve un projet de modélisation des coups de base du tennis. C'est un projet de longue haleine qui fait appel à l'informatique… le projet donnera à voir non seulement un même coup de face et de profil mais aussi de dessus… En attendant nous nous contenterons des approximations subjectives de l'image que chaque joueur ou joueuses se fait du geste idéal à réaliser » (Kermadec, 1986).

Ces recherches sont progressivement complétées par des biomécaniciens au niveau international, notamment aux États-Unis et en Australie dans les années 1990, que Gil de Kermadec reprend à son compte dans l'analyse du service de Guy Forget. L'accent est mis sur l'analyse de la production et de l'utilisation de la quantité de mouvement et la vitesse angulaire de la tête de raquette :

« La force du coup provient de l'amplitude de la préparation : flexion des jambes, rotation du tronc, bascule des épaules et boucle, et aussi du relâchement au moment de la frappe, 1/60e de seconde sépare les images 14 & 16 ce qui permet de mesurer la très grande vitesse de la tête de raquette au moment de l'impact » (Kermadec, 1991).

Indubitablement, dans les années 1990, on assiste à un basculement où d'une conception purement mécanique, on passe à une analyse systémique du geste comme résultat d'une chaîne cinétique générée par une mobilisation musculaire progressive. D'où il n'est pas étonnant de voir apparaître dans la littérature technique, depuis le début des années quatre-vingt, un intérêt grandissant pour la prise en compte de l'activité musculaire :

« L'accélération débute par une mise en tension de l'ensemble des muscles mobilisés pour l'exécution de la frappe. À cet instant du mouvement, il faut une véritable « explosion » du geste, pour que la raquette arrive au maximum de sa vitesse à l'impact. » (Hagelauer, 1983)

Définitivement à la fin des années 1990, l'investigation technique dans le geste du service est de plus en plus dépendante de la sophistication des procédés employés grâce aux découvertes scientifiques et leur appropriation par les individus dans les processus d'entraînement et de formation (Legras, 2005). Ces informations objectives fournies par l'investigation scientifique servent d'indicateurs aux joueurs et aux entraîneurs. En retour, c'est l'image du corps qui est modifiée par cette quête d'informations, un corps d'autant plus valorisé que sera contrôlé l'ensemble des informations venant de toutes les zones musculaires :

« Pendant la phase d'étirement (contraction excentrique) d'un muscle et de son tendon, l'énergie est stockée avant d'être restituée sous forme d'action mécanique (de mouvement) au moment de la contraction concentrique (phase de raccourcissement). Un gain de vitesse de la raquette, de l'ordre de 10 à 20 %, est obtenu à la suite d'un cycle étirement raccourcissement entre la phase d'étirement et la phase de raccourcissement dure au-delà d'un certain temps. Ainsi, environ 50 % de l'énergie emmagasinée est perdue si une interruption d'une seconde se produit entre la phase de préparation et la phase de déclenchement de la frappe. » (Solves, 2006)

In fine, la biomécanique du corps humain, longtemps réservée aux médecins, a infiltré les savoirs sportifs (Vigarello, 2006). Il y a alors des correspondances entre le discours scientifique et celui des entraîneurs :

À l'aube du troisième millénaire, on est définitivement passé d'une conception purement descriptive et mécanique du geste à une analyse biomécanique de type systémique (Elliot, Reid & Crespo, 2006). Les dernières innovations dans les appareils de mesure du mouvement sportif démultiplient les possibles, notamment par une approche biomécanique originale avec aujourd'hui des applications des résultats de recherches scientifiques exploitables quasi immédiatement dans le champ sportif (Bahamonde, 2000 ; Knudson & Bahamonde, 2001). Il devient alors intéressant de porter un regard sur l'actualité des dernières recherches menées dans les laboratoires spécialisés dans l'analyse biomécanique du mouvement.

2 Les applications de la capture du mouvement au service de l'information du joueur

2.1 Biomécanique et numérisation appliquées à l'analyse des gestes techniques

Il ne fait aucun doute que la qualité des données obtenues a progressé depuis l'époque où les entraîneurs devaient se contenter d'utiliser la vidéo en association avec des logiciels d'analyse. Aujourd'hui des outils d'analyse plus perfectionnés, tels que le système optoélectronique Vicon relié à un ordinateur sont utilisés en laboratoire. Plusieurs caméras − pouvant enregistrer jusqu'à 400 images/secondes – reliées à un ordinateur enregistrent la position 3D de marqueurs réfléchissant fixés au niveau de points anatomiques bien précis afin de capturer le mouvement du sportif. Ensuite, les données cinématiques des centres articulaires (positions, vitesses, accélérations) peuvent être calculées à partir d'algorithmes informatiques et de logiciels tels que MatLab. Cette technologie permet ainsi de calculer les angles segmentaires et articulaires associés à l'exécution du geste. Les contraintes articulaires telles que les forces ou les moments de force qui s'exercent au niveau des articulations du membre supérieur (épaule, coude, poignet) lors du mouvement de service peuvent être alors évaluées à l'aide d'une méthode appelée « dynamique inverse ». On peut associer à ce type de calcul des relevés d'activités électromyographiques toujours à l'aide d'électrodes positionnées sur des muscles ciblés, pour enregistrer les niveaux d'activation musculaire (Abrams et al., 2011).

Les études biomécaniques récentes analysent les causes et les conséquences d'un mouvement sportif particulier, en apportant notamment des connaissances quant aux lois mécaniques qui régissent les liens entre mouvement et performance. Les causes du mouvement sportif sont appréhendées à travers les données dynamiques (forces et moments de forces) mesurées ou estimées lors des analyses en laboratoire. Les conséquences du mouvement concernent les paramètres cinématiques généralement décrits en termes de positions, de vitesses ou encore d'accélérations (Elliott, 2006).

Par exemple, dans l'analyse du service, nous savons que la contraction excentrique des rotateurs externes de l'épaule est nécessaire pour ralentir la rotation interne de l'articulation encore présente au début de la phase d'accompagnement après l'impact entre la balle et la raquette ou « follow through » (Colson, 2014). De même, la méthode de la dynamique inverse permet de mesurer la quantité de couple (force de rotation) qui peut s'appliquer autour de l'articulation glénohumérale (Martin, 2013). La miniaturisation des capteurs sans fil et la portabilité des dispositifs d'enregistrement rendent possible de conduire les recherches directement sur le court de tennis (Hayot et al., 2014). Indubitablement, technologies et recherche en biomécanique sont indissociables et devraient permettre des avancées spectaculaires dans un proche avenir dans la compréhension de mouvements efficients (Lädermann et al., 2016).

2.2 L'actualité de la recherche au laboratoire M2S dans l'utilisation des images numériques

Aujourd'hui le laboratoire M2S (Mouvement, Sport, Santé) de l'Université de Rennes 2 et de l'ENS de Rennes utilise des systèmes optoélectroniques, composés de caméras infrarouges pour capturer à très haute fréquence (300 images/s) et en trois dimensions le mouvement de service de joueurs de tennis. La capture de mouvement rend possible l'analyse biomécanique via le calcul des variables cinématiques et dynamiques en lien avec l'optimisation de la performance et la compréhension des mécanismes de blessures articulaires (Martin et al., 2014). Couplée à des dispositifs de mesures et d'analyses de l'activité musculaire par EMG sans fil, ces techniques permettent de combiner l'observation et la mesure biomécanique à partir des images et d'avoir des renseignements complémentaires sur l'activité musculaire. Ils présentent l'avantage de pouvoir éventuellement accéder aux efforts et aux contraintes «internes» du système et donc d'investiguer parallèlement les facteurs de la performance mais aussi ce qui est nouveau et prometteur, et les risques potentiels de blessures. Un des résultats majeurs de ces différentes études indique que mieux l'enchaînement temporel des rotations est respecté au cours du service, plus la vitesse de la balle augmente et limite les contraintes articulaires subies au niveau du membre supérieur (Martin, 2012).

2.3 Les perspectives de la numérisation du mouvement

Aujourd'hui, la perception du sportif laisse place à l'analyse virtuelle des machines qui dévoilent et exhibent ce qui était encore invisible ou secret. Autant dire que l'entraînement sportif est gagné par le thème de l'information et du contrôle sensoriel, l'athlète doit obtenir une image de toutes les parties de son corps. Quête ambitieuse d'une perception exhaustive qui par un profond travail sur soi doit permettre de contrôler encore mieux les muscles et le mouvement (Vigarello, 2016). Dans le domaine du tennis, aujourd'hui le joueur expert est invité à étudier via un dispositif informatique, ses temps de réaction et de réflexion, afin d'améliorer ses performances. Par le biais de l'analyse du mouvement, les scientifiques à l'issue de la capture du mouvement de service établissent un diagnostic de la performance du joueur qu'ils transmettent à l'entraîneur afin d'élaborer un programme avec des exercices appropriés pour améliorer l'efficacité gestuelle (Martin, 2010). Ce sont donc différents types de regards sur la conception du mouvement qui se sont modifiés selon les innovations d'analyse et de capture de l'image au cours du dernier siècle.

D'autre part, de nouveaux sujets d'expertise dans l'analyse du mouvement obtenu par traitement numérique apparaissent. Ainsi des applications technologiques liées au numérique ont non seulement comme objectif la recherche de l'efficience du joueur au service mais aussi d'identifier et d'analyser les facteurs responsables de l'apparition des blessures liés à cette frappe afin d'élaborer des stratégies de prévention pour préserver la santé des joueurs de tennis, voire de gérer la fatigue sur la durée d'un match (Martin et al., 2016). Le potentiel de ce type d'analyse biomécanique s'inscrit dans une approche individualisée systémique de la performance (technique, physique, mais aussi mental). Champ d'expérimentation prometteur proposé par différents laboratoires spécialisés dans l'expertise du mouvement au niveau national et international (Rogowski et al., 2014 ; Whiteside et al., 2014).

3 En conclusion

L'approche historique de la technique du service au tennis nous démontre une linéarité complexe dans la constitution des savoirs et l'inflexion des discours des spécialistes. Ces savoirs, en outre, ne peuvent en aucun cas se réduire au seul niveau de la réalisation motrice et doit toujours être mise en relation avec la perception et la compréhension des innovations technologiques qui permettent de déplacer les regards du technicien qui donnent naissance à de nouvelles interprétations et interrogations. Nous avons également vu que les rapports entre les sciences et les technologies et le développement de l'expertise technique sont de plus en plus présents dans le domaine sportif dont le tennis (Fouquet, 2006 ; Reid et al., 2016).

En effet, les recherches fondamentales s'accélèrent dans les sciences du sport, avec des perspectives novatrices dans l'analyse, la simulation et les images de synthèse du mouvement (Colloud, 2012, 2015). En parallèle, s'impose la nécessité d'une veille technologique permanente, concomitamment avec une réflexion sur la technique, ses conditions et son fonctionnement. Développons au sein des STAPS, l'acquisition d'une culture technique bien au-delà de la seule acquisition de gestes techniques, par un savoir de surplomb sur la technique, ses conditions, son évolution (Vigarello, 2004). Le champ des techniques corporelles est ainsi traversé de recherches en sciences sociales autant qu'en sciences biologiques. D'où les vertus d'une approche interdisciplinaire afin de favoriser une réflexion épistémologique sur la construction de l'objet de recherche, de montrer comment des « objets » très précis du corps peuvent révéler − dans leurs trajets historiques – des changements majeurs de culture technique et de leurs modes de transmission (Morin, 1994). C'est l'objet de cet article.

Annexes photographiques

Illustration 1

Plate 294, “an electro photographic phases” in Animal Locomotion, Muybridge, 1887.

Illustration 2

Le service de Lewis Hoad, commentaires et photos Gil de Kermadec, Tennis de France, n° 40, août 1956.

Illustration 3

Extrait Technicorama de Goran Ivasenevic par Gil de Kermadec, Tennis de France n° 460, 1991.

Illustration 4

Expérimentations sur le service au Laboratoire M2S. Joueurs équipés avec des marqueurs pour la capture du mouvement, des électrodes pour enregistrer les activités musculaires du membre supérieur et une plateforme de force.

Illustration 5

La capture de mouvement sans marqueur : Images d’un joueur réalisant un service A) image vidéo B) modèle reproduit C) représentation 3D partielle du joueur D) image 3D finale, d’après Abrams et al. (2012).

Références

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Citation de l'article : Peter J-M & Martin C (2017) Regards interdisciplinaires sur l'apport des technologies dans l'analyse du mouvement du service en tennis. Mov Sport Sci/Sci Mot, 97, 35–43

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